Bayer plonge de 10% avec la mise en cause du Roundup dans un cas de cancer

La semaine dernière des activistes avait recouvert de peinture le siège français de Bayer. ©AFP

A la Bourse de Francfort, le titre Bayer est fortement sanctionné après que la justice californienne a déclaré que le Roundup, l'herbicide de sa filiale Monsanto, a joué un rôle important dans le déclenchement du cancer d'un résident américain.

Les jurés du tribunal fédéral de San Francisco ont déclaré ce mardi que le Roundup, l'herbicide à base de glyphosate de Monsanto, filiale de Bayer , était un "facteur significatif" dans le déclenchement du cancer Edwin Hardeman, un Californien ayant intenté un procès contre la multinationale. 

Edwin Hardeman a porté plainte contre Monsanto, reprochant au fabricant du Roundup d'avoir provoqué son cancer. ©AFP

La décision unanime des jurés ouvre la voie à la seconde phase du procès qui portera, à partir de ce mercredi et devant le même jury, sur la responsabilité de l'entreprise et les dommages. Le plaignant a commencé à utiliser du Roundup dans les années 1980 dans sa propriété et a pulvérisé de "grandes quantités" de ce produit pendant de nombreuses années, selon des documents judiciaires. On lui a diagnostiqué un cancer du système lymphatique, en février 2015 et il a engagé une action en justice un an plus tard.

Un "procès test" 

Bayer conteste toutes les allégations selon lesquelles le Roundup ou le glyphosate pourraient causer le cancer, affirmant que pendant des décennies, des études indépendantes ont montré que le désherbant le plus utilisé au monde était sans danger pour l'homme. Le groupe allemand, qui a racheté Monsanto pour 62,5 milliards de dollars, note aussi que les régulateurs à travers le monde avaient autorisé le produit.

En août dernier, un jury californien avait déjà considéré que le Roundup était à l'origine du cancer qu'a développé Dewayne Johnson et a condamné la filiale de Bayer à lui verser 289 millions de dollars (253 millions d'euros). Depuis, les dommages-intérêts ont été réduits à 78 millions de dollars.  

La perspective d'un nouveau dédommagement a mis le titre Bayer sous pression à la Bourse de Francfort  . Il a fondu plus de 10% pour retomber sous les 62 euros. L'été dernier l'action du groupe chimique évoluait autour des 100 euros. Le procès Hardeman, qui pourrait durer encore environ deux semaines, est en outre ce qu'on appelle en droit américain un "procès test" pour des centaines d'autres similaires. Son issue doit officiellement servir de baromètre pour les procès regroupés avec lui.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n