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D’Ieteren ou Wendel comme chevalier blanc de Recticel?

Le marché semble croire à un relèvement du prix de l'offre sur Recticel avec un cours actuel supérieur à 13,5 euros. ©SISKA VANDECASTEELE

Chez Recticel on semble fourbir ses armes après l'annonce de l'entrée dans son capital de Greiner. Un analyste cite les noms de D'Ieteren et Wendel comme chevaliers blancs potentiels.

La vente par le holding Bois Sauvage , dans le plus grand secret, de sa participation de 27% dans le capital de Recticel à Greiner reste en travers de la gorge au sommet de la société spécialisée dans les mousses de polyuréthane. Dans un communiqué succinct publié lundi en fin de matinée, le conseil d’administration, dominé par des administrateurs indépendants, a indiqué qu’il souhaitait obtenir davantage d’informations sur cette opération avant de prendre position.

Mais il semble d'ores et déjà à la recherche de solutions lui permettant d’échapper à l’emprise de son concurrent autrichien. On peut le comprendre. C’est après un long travail de transformation stratégique mené chez Recticel depuis plusieurs années et qui commence à porter ses fruits que Greiner sort du bois. En plus de cela, le prix proposé de 13,5 euros par action apparaît à un nombre croissant d’observateurs comme étant plutôt indigent.  

Pour Recticel, les options sont limitées. Pas possible de lancer une offre sur Greinder, l’Autrichien n’étant pas coté en bourse.

Scénarios

En théorie, il existe plusieurs techniques pour contrer une OPA hostile. Lancer une offre sur le prédateur, réaliser dare-dare une acquisition pour se rendre impayable, se séparer de l’activité qui intéresse le plus l’offrant, activer une pilule empoisonnée ou faire appel à un chevalier blanc.

Pour Recticel, les options sont limitées. Pas possible de lancer une offre sur Greinder, l’autrichien n’étant pas coté en bourse. Lors de la prochaine assemblée extraordinaire, Recticel va bien demander à ses actionnaires de pouvoir utiliser du capital autorisé pour une acquisition stratégique, mais il faudra l’aval du vendeur, Bois Sauvage pour entériner ce point.

"Potentiellement, on pourrait même voir ces investisseurs industriels s’associer afin de limiter l’investissement global ou même de diviser l’entreprise."
Kris Kippers
Analyste chez Degroof Petercam

Chevaliers blancs

Le scénario d’un chevalier blanc qui ferait une offre supérieure pourrait tenir la route. Kris Kippers, de Degroof Petercam, évoque le nom de la société d’investissement française Wendel, qui est sur le point de racheter Tarkett, un concurrent de Balta, et celui de D’Ieteren , qui est à la recherche d’une opportunité d’investissement depuis quelque temps déjà. Le trésor de guerre du distributeur automobile tourne autour de 1,5 milliard d’euros.

"Potentiellement, on pourrait même voir ces investisseurs industriels s’associer afin de limiter l’investissement global ou même de diviser l’entreprise." Des firmes de private equity constituent également une option, signale l’analyste. Vendre des actifs et utiliser le cash pour racheter des actions pourrait également représenter une alternative, avance-t-il encore.

N’oublions pas que le groupe autrichien a clairement précisé qu’il pourrait résilier l’achat des parts de Bois Sauvage au cas où certaines mesures défensives seraient approuvées par les actionnaires de Recticel.

"Nous ne nous attendons pas à voir le conseil d’administration (de Recticel) soutenir une offre à 13,5 euros dans la mesure où ce prix n’intègre pas de prime de contrôle."
Wim Hoste
Analyste chez KBC Securities

Prime de contrôle

En ce qui concerne le prix, Kris Kippers estime que Greiner n’atteindra pas son objectif de 50% du capital plus une action au prix actuel qui ne comprend pas de prime de contrôle. Il valorise cette dernière à 15% et a relevé, en conséquence, son objectif de cours à 15 euros, contre 13 euros avant. La recommandation reste à "neutre".

Chez KBC Securities, Wim Hoste ("accumuler") juge que Recticel ne pourra éviter que Greiner devienne un actionnaire important. "Nous ne nous attendons pas à voir le conseil d’administration (de Recticel) soutenir une offre à 13,5 euros dans la mesure où ce prix n’intègre pas de prime de contrôle et ne prend pas en compte les synergies potentielles que Greiner pourrait tirer de la combinaison des deux groupes." Il a relevé son target à 15 euros également.

Pour rappel, ING a indiqué lundi que l’offre de Greiner sous-évaluait sensiblement Recticel. En intégrant une prime de contrôle, il valorise l’action entre 23,5 et 25 euros. 

En matinée, le titre Recticel progressait de 0,3%, à 14,04 euros.

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