Entre Solvay et Berenberg, la chimie ne prend pas

Une visite officielle l'an dernier au centre de recherche et d'innovation de Solvay à Séoul. ©BELGA

Berenberg a entamé le suivi du groupe chimique Solvay avec un objectif de cours nettement inférieur à la moyenne. Sa recommandation est à "conserver".

Berenberg est venu grossir les rangs déjà bien garni des brokers, une bonne vingtaine, qui suivent le groupe Solvay . Comme la petite majorité d’entre eux, il recommande de "conserver" la valeur.  Par contre, son objectif de cours est fixé à 100 euros, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne de 121,6 euros, une moyenne qui affiche un potentiel de hausse de 37% par rapport au cours actuel. Voici comment les analystes de Berenberg justifient leur tiédeur vis-vis de ce titre qui a perdu près d’un quart de sa valeur en 2018.

Depuis 2015 et l’acquisition de Cytec, l’évolution du groupe chimique s’est centrée sur la croissance dans les composites et les plastiques à haute valeur ajoutée. Les activités plus cycliques comme la soude, le pôle Novecare, et les solutions technologiques ont fluctué avec les matières premières comme le pétrole et les métaux. "Après examen, nous estimons qu’il y a peu de catalyseurs pour une envolée de l’action dans la mesure où les activités plus cycliques croissent au moins aussi vite que celles qui devraient bénéficier d’une croissance durable" soulignent Sebastian Bray et Anthony Manning.

La niche des batteries

Quant à la présence de Solvay dans les batteries pour les véhicules électriques, ils estiment qu’elle représente une niche d’opportunité mais qu’elle ne va pas changer la donne.

Via certaines de ses activités, le groupe a une exposition dans ce domaine mais elle est toutefois limitée à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. L'objectif sur 10 ans de 500 millions de ventes annuelles représente une pénétration globale de 20% et de 15% sur les voitures électriques. "Mais même en appliquant une valorisation comme pour Umicore, on arrive à 5% de la valeur d’entreprise de Solvay".

Pas de décote de complexité

Troisième argument avancé par Berenberg pour rester réservé sur la valeur. Contrairement à ce que certains analystes suggèrent, l’action Solvay ne souffre pas d’une décote de "complexité". "Il est vrai que les domaines d’activités du groupe sont disparates. Toutefois, il n’est pas correct d’en déduire que le marché est mauvais juge de la valorisation. D’après nos calculs, Solvay se trouve là où il se doit, entre groupe de matières premières et véritable spécialiste." Et d’ajouter que la décote par rapport aux concurrents de la chimie de spécialités semble justifiée lorsque l’on prend en compte la rentabilité des capitaux investis plus faible de Solvay.

Les analystes soulignent toutefois que le chimiste va afficher dans les deux années à venir un taux de croissance du bénéfice par action parmi les plus rapide du secteur en Europe. Mais ce taux est déjà largement repris dans le consensus des analystes et il sera davantage dû au domaine des matières premières que des "spécialités".

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