Publicité

Grèves en série dans le secteur de la chimie

Une photo prise lors d'une grève chez Agfa-Gevaert en 2014. ©BELGA

Les discussions entre Essenscia et syndicats sont à l'arrêt. Ces derniers font monter la pression avec une série de grèves dans les entreprises chimiques du pays.

Alors que les discussions entre syndicats et la fédération de l'industrie chimique Essenscia sont à l'arrêt, les travailleurs se mobilisent un peu partout en Belgique.

Des grèves avaient ainsi lieu ce mardi chez Agfa-Gevaert. Plusieurs divisions d'Agfa à Mortsel étaient ainsi complètement à l'arrêt. En Wallonie picarde, c'est chez Taxeda et Baxter qu'un arrêt de travail était observé.

"Une proposition attractive et complète était sur la table pour parvenir à un accord sectoriel fort."
Koen Laenens
secrétaire général d'Essenscia

D'autres arrêts de travail sont programmés d'ici la fin de la semaine dans d'autres sociétés du Hainaut occidental.

Faire pression

Il s'agit pour la FGTB et la CSC de faire pression sur la fédération patronale de la chimie. Selon les syndicats, le 15 octobre dernier, alors que les négociations sectorielles étaient en cours, Essenscia a mis "abruptement fin" aux échanges entre les interlocuteurs sociaux.

"Par conséquent, la paix sociale n'est plus garantie dans le secteur. Des actions verront le jour dans les entreprises chimiques du pays. Ces mouvements impacteront les productions et le fonctionnement des sociétés du secteur", avaient prévenu les syndicats.

"Nous avons rencontré les directions de ces deux entreprises de poids dans ce secteur afin qu'elles interpellent la Fédération et que des négociations puissent reprendre"
Le front commun syndical

Essenscia renvoie la balle vers les syndicats qui ont refusé la proposition patronale. Essenscia estime qu'"un préavis de grève générale est irresponsable" alors qu'"une proposition attractive et complète était sur la table pour parvenir à un accord sectoriel fort, prévoyant davantage de pouvoir d’achat, plus de formations et une attention accrue au travail".

Koen Laenens, secrétaire général d'Essenscia, indique que les syndicats auraient eu "des exigences supplémentaires concernant une prime corona juste avant de conclure un accord".

2.000 travailleurs chez Baxter et Takeda

À Lessines, en Wallonie picarde, les grèves ont débuté lundi soir à 22h dans l'entreprise Baxter et mardi, dès 6h du matin, chez Takeda. Toutes deux implantées dans le zoning industriel, ces entreprises sont spécialisées dans le domaine pharmaceutique. Baxter emploie un peu moins de 1.000 personnes tandis que Takeda occupe quelque 1.100 travailleurs.

"Notre action ne vise pas directement ces sociétés", expliquent les représentants du front commun syndical FBTB/CSC/CNE. "Nous avons rencontré les directions de ces deux entreprises de poids dans ce secteur afin qu'elles interpellent la fédération et que des négociations puissent reprendre."

"Dans l'immédiat, les entrées de ces deux sociétés sont bloquées et seul le personnel de maintenance de l'outil peut accéder aux bâtiments. Les productions qui avaient été entamées sont bloquées et il n'y aura pas de nouvelle production", expliquent Frédéric Lefevre permanent à la CNE Wapi et Xavier Tanghe, secrétaire régional de la FGTB Wapi.

Ces mercredi, jeudi et vendredi, des actions de grève ont été programmées dans d'autres entreprises du secteur chimie de Wallonie picarde, notamment chez Univar à Tournai (huile industrielle), Hoganas à Ath (poudres métalliques), Mc Bride à Estaimpuis (détergents) et Vandeputte à Mouscron (détergents).

Le 17 octobre dernier, constatant l'impossibilité de parvenir à un accord, Koen Laenens avait fermé les discussions au niveau du secteur: "La prochaine étape consiste pour les partenaires sociaux au sein des entreprises à entamer des négociations", disait-il, ouvrant la voie à des accords de CCT entreprise par entreprise.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés