Inovyn investit 100 millions dans l'ancien site de Solvay à Jemeppe-sur-Sambre

Située entre Namur et Charleroi le long de la Sambre, l’usine de Jemeppe-sur-Sambre a été fondée en 1897. ©Inovyn

L’entreprise britannique Inovyn, un des plus grands producteurs de PVC en Europe, a annoncé un investissement de 100 millions d’euros pour augmenter la production sur son site belge de Jemeppe-sur-Sambre. Inovyn est à l’origine une coentreprise entre Ineos et Solvay. Depuis 2016, elle appartient à 100% à Ineos, un groupe chimique britannique qui a connu une spectaculaire expansion en 20 ans.

La chimie "classique" a toujours un avenir en Europe et même en Belgique: si Solvay a décidé de se désengager d’activités à grand volume jugées moins prometteuses pour se recentrer sur la chimie de spécialités, d’autres acteurs continuent à se développer sur des segments plus traditionnels. C’est le cas notamment de l’entreprise britannique Inovyn, un des plus grands producteurs de PVC en Europe, qui a annoncé ce lundi son intention d’augmenter la production sur son site belge de Jemeppe-sur-Sambre.

Ce nouvel investissement d’une centaine de millions d’euros permettra à terme de produire annuellement 200.000 tonnes supplémentaires de PVC de commodités (PVC à usage général) sur le site, où travaillent environ 500 personnes, a expliqué le CEO d’Inovyn, Chris Tane. L’usine produit déjà environ 480.000 tonnes de PVC par an et est déjà l’unité de production du groupe la plus importante d’Europe. Elle développe toute la chaîne de valeur, des matières premières aux produits finis.

Située entre Namur et Charleroi le long de la Sambre, elle existe depuis environ 120 ans. Propriété de Solvay jusqu’en 2015, elle est passée cette année-là dans le giron d’Inovyn, qui a été créée comme une coentreprise (50/50) entre le chimiste belge et Ineos. Ce dernier est un groupe britannique qui a connu une expansion fulgurante en deux décennies. En juillet 2016, Solvay a revendu sa participation et Inovyn est devenue une propriété à 100% d’Ineos. Le groupe belge a juste conservé dans l’enceinte une petite unité de production de peroxyde d’hydrogène.

Nouvelles applications

L’investissement vise à répondre à la demande croissante en PVC (polychlorure de vinyle) des secteurs de la construction, de l’électronique, de l’emballage, de la protection des aliments, de l’eau et de l’énergie. Outre ses usages traditionnels, ce plastique connaît de nouvelles applications car il peut être utilisé en combinaison avec d’autres matériaux comme les composites. C’est le cas notamment pour les éoliennes.

La première phase du programme d’extension devrait être terminée en 2020, a précisé de son côté Philippe Taranti, directeur du site belge. Les 100 millions d’euros prévus comprennent également une augmentation de la capacité de production pour les PVC de spécialités, qui a déjà été entamée.

"La reprise du site s’est accompagnée d’investissements. Cela montre qu’il y a des perspectives importantes en Europe."
Willy Borsus
Ministre-président wallon

Alors que des incertitudes ont parfois plané par le passé sur l’avenir de l’usine, le passage sous le giron d’Inovyn/Ineos s’est finalement avéré bénéfique. Un nouveau centre de recherche y a été inauguré il y a juste un an, qui travaille au bénéfice de l’ensemble d’Inovyn. "Il y a parfois des inquiétudes quand une entreprise passe dans un grand groupe, a concédé le ministre-président de la Région wallonne, Willy Borsus. Ici, la reprise du site s’est accompagnée d’investissements. Cela montre qu’il y a des perspectives importantes en Europe."

Présent dans une dizaine de pays, Inovyn réalise un chiffre d’affaires annuel de 3,5 milliards d’euros. Sa maison mère, Ineos, est un nouvel acteur créé en 1998. Elle est toutefois devenue aujourd’hui l’une des plus grandes sociétés chimiques au monde, regroupant 171 sites industriels et employant près de 19.000 personnes. Non cotée, l’entreprise britannique s’est développée par croissance externe en rachetant de nombreux sites de production, en profitant de la vague de restructurations dans l’industrie chimique européenne. Elle réalise un chiffre d’affaires de 60 milliards de dollars.

Le groupe a été fondé par Jim Ratcliffe, un ingénieur chimiste devenu financier et industriel. Partisan du Brexit, Ratcliffe est aujourd’hui l’une des plus grosses fortunes du Royaume-Uni. Il détient les deux tiers de son groupe, 10% de la société appartient aux employés.

Faut-il à ce propos craindre les effets sur Inovyn d’une sortie brutale du Royaume-Uni de l’Union européenne? Chris Tane s’est montré réaliste. D’un côté, "le Brexit n’est pas particulièrement un sujet d’inquiétude pour Inovyn, qui possède 17 sites en Europe". De l’autre, il a admis qu’un "Brexit chaotique affecterait certainement le climat des affaires". Tout en ajoutant que le bon sens finirait par l’emporter.

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