Jean-Pierre Clamadieu laissera à son successeur un Solvay fortement remanié

Jean-Pierre Clamadieu prendra la présidence d’Engie le 18 mai. ©Tim Dirven

Une page s’est tournée ce mercredi au siège de Solvay à Neder-over-Heembeek, où Jean-Pierre Clamadieu, le CEO de la société, a présenté pour la dernière fois les résultats annuels d’une entreprise qu’il quittera prochainement.

Du côté chiffres, guère de surprises. Le groupe chimique belge a réalisé un ebitda sous-jacent (ou excédent brut d’exploitation) de 2,230 milliards d’euros sur l’exercice 2017, soit une progression de 7,5% par rapport à l’année précédente.

Le bénéfice net du chimiste, coté à Paris et Bruxelles, a lui aussi progressé, à 939 millions d’euros, contre 846 millions en 2016, soit une hausse de 11%. Quant au chiffre d’affaires, il s’est également accru, pour atteindre 10,125 milliards d’euros, contre 9,569 milliards en 2016.

Bien que conformes aux attentes, ces résultats n’ont pas trop convaincu les marchés et les investisseurs. Le titre a fini sur une baisse de 3,5%. En cause: l’évolution défavorable des taux de change. Ceux-ci ont déjà influencé négativement l’exercice écoulé. "Hors effets de change, de conversion et de périmètre, la hausse de l’ebitda s’établit à 10% grâce à la croissance de 16% des volumes", a précisé l’entreprise dans son rapport. "Solvay est une entreprise mondiale, qui effectue un tiers de son chiffre d’affaires en Europe", a expliqué Jean-Pierre Clamadieu.

Ce qui comporte certaines contraintes. Car si les taux actuels se maintiennent en 2018, les effets de conversion auront à nouveau un impact significatif sur l’ebitda, dont la croissance organique devrait être comprise entre 5% et 7%, selon les prévisions du groupe. Voilà ce qui crispe les marchés.

Jean-Pierre Clamadieu prendra la présidence d’Engie le 18 mai avant de quitter ses fonctions à Bruxelles. Le patron français, qui devrait également devenir administrateur d’Airbus en remplacement de l’ex-président de la BCE Jean-Claude Trichet, ne s’est guère épanché sur le profil de son successeur. "Solvay mérite mieux que mon clone", s’est-il contenté de relever, en ajoutant que la recherche se faisait autant "en interne qu’à l’extérieur" du groupe.

"La moitié des personnes qui sont dans le groupe aujourd’hui n’y étaient pas il y a cinq ans."
Jean-Pierre Clamadieu
ceo de solvay

L’actuel CEO s’est montré en revanche plus disert sur la transformation profonde de l’entreprise dans les années qui ont suivi son arrivée. "La moitié des personnes qui sont dans le groupe aujourd’hui n’y étaient pas il y a cinq ans", a-t-il fait valoir. Sous sa férule, Solvay, qui emploie aujourd’hui environ 27.000 personnes dans le monde, a engagé un virage stratégique qui l’a conduit à délaisser les activités jugées moins prometteuses, comme le PVC, pour se développer dans les composants innovants, notamment à destination de l’aéronautique et de l’automobile. Par rapport à la situation qui existait à la veille du rachat de Rhodia, les deux tiers de l’activité n’étaient pas là il y a cinq ans. Cette mutation étant achevée, il reste encore à simplifier les structures du groupe. Ce qui pourrait ne pas être sans conséquence sur l’emploi, admet-on chez Solvay.

Le passage de Jean-Pierre Clamadieu à la tête du fleuron belge ne laissera pas que des traces sur la composition du portefeuille. Avant l’annonce de son départ, le Français a en effet mis en chantier la création d’un centre de recherche sur le site de Bruxelles. Celui-ci devra améliorer la capacité d’innovation du groupe et amener des nouvelles compétences. Autre changement en perspective sur le campus de Neder-over-Heembeek: l’édification prochaine d’un nouveau bâtiment pour le quartier général. "Un appel à projets européen a été lancé et plusieurs bureaux européens d’architecture travaillent sur la question", a conclu Jean-Pierre Clamadieu.

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