L'action Bayer plombée par une nouvelle condamnation du Roundup

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Aux Etats-Unis, Bayer désormais propriétaire du Roundup, fait face à 13.400 actions en justice. Il vient d'être condamné pour la troisième fois. Il a déjà annoncé faire un appel de la décision. Le titre Bayer ouvrait en recul de 5%.

Troisième revers judiciaire américain majeur pour Monsanto et son Roundup. Un jury californien a condamné le groupe allemand Bayer, désormais propriétaire du Roundup, à verser plus de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) de dommages à Alva et Alberta Pilliod, un couple affirmant que l'herbicide est à l'origine de leur cancer.

Bayer , qui a finalisé le rachat pour 63 milliards de dollars de Monsanto l'an dernier, est fortement secoué en Bourse en raison précisément des déboires judiciaires de Monsanto et son Roundup, dont le principe actif est le glyphosate, substance controversée. Son action ouvrait ce mardi en recul de 5%, à son plus bas niveau en près de 7 ans.

Aux États-Unis, il fait face à plus de 13.400 actions en justice. En France, plusieurs batailles judiciaires sont aussi en cours et le groupe est au coeur d'une polémique autour d'un fichage -par une agence de communication employée par Monsanto- de centaines de personnalités concernant leur position sur les OGM ou le glyphosate. Dans la liste, on retrouve le nom du député belge à l'Europe, Philippe Lamberts (Ecolo). Une enquête est en cours.

Une note salée

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Le jury de la Cour supérieure d'Oakland a donc estimé que Bayer était responsable du lymphome développé par chacun des deux plaignants, Alva et Alberta Pilliod.

Les jurés ont ordonné le versement:

Pour Alva Pilliod

→ de 18 millions de dollars de dommages compensatoires
→ de 1 milliard de dollars de dommages punitifs

Pour Alberta Pilliod

→ de 37 millions de dollars de dommages compensatoires
→ 1 milliard de dollars de dommages punitifs

La facture totale s'élève donc à 2,055 milliards de dollars.

Le Roundup, un produit défectueux? Mais non...

Pour les jurés, le Roundup est un produit défectueux. Ils ajoutent que Monsanto a omis d'avertir des risques cancérigènes que présentait son herbicide. Enfin, la firme a fait preuve de négligence.

Bayer dément que le Roundup, ou glyphosate, soit cancérigène, mettant en avant des décennies d'études et d'autorisations réglementaires prouvant, selon lui, l'innocuité du Roundup pour l'humain.

Dans un communiqué, la compagnie s'est dit déçue par le verdict et a annoncé qu'elle ferait appel de la décision, considérée par un porte-parole de Bayer comme "excessive et injustifiable". "Le contraste entre le verdict prononcé aujourd'hui et (l'évaluation de l'agence américaine de protection de l'environnement) selon laquelle il n'y a 'aucun risque pour la santé publique avec les utilisations actuelles du glyphosate' ne pourrait être plus important", est-il écrit dans le communiqué.

Le juge Winifred Smith, qui a supervisé le procès des plaignants Pilliod, n'a pas autorisé Bayer à présenter la dernière évaluation publiée par l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA), considérant qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle étude scientifique, mais simplement d'un "commentaire".

Le mois dernier, l'EPA a déclaré que le glyphosate n'était pas cancérigène pour les humains, confirmant les conclusions d'un précédent rapport qu'elle avait publié en septembre 2017 après des dizaines d'années d'études. En 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé pour sa part le glyphosate parmi les produits "probablement cancérigènes pour les humains".

Les autres condamnations

Dewayne Johnson était la première victime du Roundup qui a obtenu gain de cause auprès du géant chimique. ©AFP

Fin mars, un jury populaire de San Francisco déclarait le Roundup responsable du cancer d'un retraité américain, Edwin Hardeman. Bayer était ainsi condamné à 80 millions de dollars (75 millions de dommage punitif et 5 millions pour les frais médicaux).

ors d'un premier jugement, Bayer avait déjà dû verser 289 millions de dédommagements à Dewayne Johnson, un jardinier. La peine avait été ramenée en appel à 78 millions. Un second procès donnait à nouveau raison au plaignant. 

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