L'embarras du choix pour succéder à Clamadieu?

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Qui pour succéder à Jean-Pierre Clamadieu à la tête de Solvay après son départ pour la présidence, non-exécutive, d'Engie? Plusieurs options sont d'ores et déjà sur la table.

L’annonce du départ de Jean-Pierre Clamadieu de la direction de Solvay est-elle vraiment une surprise? Certains ont peut-être été pris de court, mais le fait qu’il ait déjà indiqué qu’il ne rempilerait pas au-delà de 2019 laisse penser que le processus a déjà été au moins envisagé en interne.

"Sur le terrain belgo-belge, j’ai du mal à discerner un candidat. J’envisagerais plutôt l’axe belgo-français."
Nathalie Debruyne
Analyste chez Degroof Petercam

"Il y a quatre ans, on évoquait déjà un retour de Pierre Clamadieu en France. Je pense que tout a été préparé de longue date", estime Mary Pitsy, associée auprès du chasseur de têtes Odgers Berndtson.

Reste à voir combien de temps prendra la désignation du successeur. A priori, le conseil d’administration devrait avoir l’embarras du choix. "Solvay est probablement un des plus beaux groupes industriels européens. Je ne dis pas que les candidatures vont se bousculer, mais il y en aura à coup sûr plusieurs", indique Michel Ernst, conseiller en actions chez CBC Banque. Quel serait le profil du futur CEO? "Il faudra quelqu’un qui soit à la fois visionnaire et très réactif aux évolutions des marchés", dit-il.

Karim Hajjar ©BELGA

Des noms? Tout dépend du scénario envisagé. "Le conseil d’administration de Solvay reste très familial. Sur le terrain belgo-belge, j’ai du mal à discerner un candidat. J’envisagerais plutôt l’axe belgo-français", précise Nathalie Debruyne, analyste chez Degroof Petercam. L’expérience de Belgacom/Proximus et bpost, où le nouveau CEO avait été au préalable recruté par son prédécesseur, laisse penser à un scénario de succession en interne.

Pascal Juery ©BELGA

Solvay étant coté à Bruxelles et à Paris, il faudra que le futur patron du chimiste belge "passe" aussi bien en Belgique qu’en France. Dans ce contexte, les regards se tournent naturellement vers les hauts dirigeants amenés par Jean-Pierre Clamadieu au sein du comité exécutif. à savoir, Pascal Juéry, un ancien du Comité exécutif de Rhodia, et le Britannique Karim Hajjar, un Britannique venu d’Imperial Tobacco recruté par Jean-Pierre Clamadieu pour prendre la direction financière de Solvay. Les chances des deux membres du "comex" venus du sérail Solvay, le Belge Vincent De Cuyper et l’Américain Roger Kearns, paraissent plus réduites.

British Matthew Taylor ©BELGA

"Trouver des candidats belges ne sera de toute façon pas évident, le tissu industriel belge étant surtout constitué d’entreprises familiales de taille relativement réduite", estime Mary Pitsy. Le seul nom qui émerge serait celui de Matthew Taylor, le CEO de Bekaert, dont les objectifs de croissance laissent les investisseurs sur leur faim.

Shane Fleming ©doc

À moins qu’un scénario "à la Rhodia" mette tout le monde d’accord. Certains envisagent ainsi une accession de Shane Fleming, le CEO de Cytec, à la tête du groupe qui a racheté cette société américaine spécialisée dans les matériaux composites et les nouvelles technologies destinées aux secteurs de l’automobile et de l’aéronautique.

En 2011, Jean-Pierre Clamadieu n’était autre que le PDG de Rhodia. Le rachat du groupe français par Solvay avait été assorti d’une clause prévoyant l’accession de Clamadieu à la tête de Solvay au moment du départ de son CEO, Christian Jourquin.

En principe, il n’y a pas le feu dans la maison Solvay. "Jean-Pierre Clamadieu devant rester jusqu’à la fin de l’année, cela laissera du temps au conseil d’administration pour établir une short list de candidats d’ici l’été", estime Mary Pitsy.

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