L'Europe autorise le rachat de Monsanto par Bayer

©REUTERS

L’autorisation de rachat de l’américain Monsanto par le géant allemand de la chimie Bayer ne se fera pas sans quelques conditions…

Ça y est, la Commission européenne a autorisé le rachat de Monsanto par Bayer ce mercredi, mais à quelques conditions. Il faudra que Bayer cède un vaste ensemble d’activités pour calmer les craintes de la Commission concernant la concurrence au sein de l’Union européenne.

"Nous avons autorisé le projet de rachat de Monsanto par Bayer parce que les mesures correctives proposées par les parties, qui dépassent largement les 6 milliards d'euros, répondent pleinement à nos préoccupations en matière de concurrence", a expliqué la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

"Nos décisions permettent de garantir que la concurrence et l'innovation resteront effectives sur les marchés des semences, des pesticides et de l'agriculture numérique, même à l'issue de cette concentration", a-t-elle ajouté.

Bayer rachètera Monsanto pour 62,5 milliards de dollars (50,9 milliards d’euros). Après la fusion, le groupe contrôlera plus de 1/4 du marché mondial des semences et pesticides.

Pour rappel, la Commission européenne avait ouvert une enquête approfondie en août 2017 sur le projet de rachat de la firme américaine spécialisée dans les pesticides et OGM par le géant de la chimie allemand. Elle craignait un problème de concurrence.

Toutefois, la Commission européenne a jugé que Bayer avait répondu à ses inquiétudes puisque l’entreprise a proposé de céder certaines activités – celles des semences et herbicides – à son concurrent BASF, pour 5,9 milliards d’euros. Bayer octroie aussi à son compatriote une licence sur ses données dans le domaine de l’agriculture numérique.

Opposition des ONG écologistes

Durant l’enquête, la Commission avait reçu de nombreuses pétitions qui s’opposaient à ce rachat, qui donnerait trop de pouvoir à un groupe fabriquant un désherbant controversé, le Roundup. Beaucoup d’ONG écologistes se sont d’ailleurs mobilisées contre ce rachat. Parmi lesquelles Friends of the Earth Europe, qui avait envoyé une lettre à Margrethe Vestager: "Bloquer cette fusion profondément impopulaire serait un grand succès pour l'UE. Plus d'un million de citoyens ont exhorté Mme Vestager à bloquer cette fusion infernale."

Reste donc à la Commission de se prononcer sur cet accord d’ici au 16 avril.

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