La dette de Solvay pourrait prendre du galon

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Selon Bloomberg Intelligence, Solvay a créé un momentum positif qui pourrait conduire les agences de notation à relever leur rating sur la dette du groupe chimique.

En juillet 2015, Solvay annonçait le rachat de l’Américain Cytec pour 5,5 milliards de dollars. Une étape qualifiée de décisive dans la transformation du groupe chimique qui le propulsait au 2re rang mondial dans les matériaux composites pour l’aéronautique.

Rappelez-vous, cette opération a été financée en partie par une augmentation de capital à hauteur de 1,5 milliard de dollars, le solde étant alimenté par des obligations. La dette nette sous-jacente, incluant des obligations hybrides perpétuelles est ainsi passée de 2,7 milliards d’euros fin 2014 à 6,6 milliards un an plus tard.

Fin 2018, cette dette atteignait encore 5,1 milliards d’euros, soit 241 millions de moins qu’en 2017, avec un ratio de 2,29 lorsqu’elle est mise en regard avec l’Ebitda sous-jacent annuel de 2,23 milliards.

Obligations hybrides 

Aujourd’hui, Solvay a encore réduit la voilure de ses obligations hybrides, ces produits à mi-chemin entre obligations classiques et actions. Elle a exercé, au bout de ans et demi, sa première option de rachat d’une obligation perpétuelle subordonnée d’un montant de 700 millions d’euros assortie d’un rendement annuel de 4,199%.

Ce remboursement sera financé par l’émission, en décembre dernier, d’obligations hybrides d’un montant de 300 millions d’euros portant un coupon de 4,25%. Quant au solde, Wim Hoste de KBC Securities ("acheter"; 120 euros) estime qu’il proviendra des liquidités de plus d’un milliard d’euros attendues de la vente des activités de polyamides (nylon) à BASF.

En conséquence, le montant total des obligations hybrides figurant au bilan de Solvay passera de 2,5 milliards d'euros à fin décembre 2018 à 1,8 milliard après l'exercice de l'option d'achat, entraînant une nouvelle réduction des charges financières a précisé le groupe dans un communiqué.

Impact sur la notation

Ce désinvestissement majeur et la réduction de la dette pourraient avoir une autre conséquence.

"Solvay va bénéficier de son recentrage sur la chimie de spécialité qui compte pour presque 75% de son Ebitda aidé en cela par la vente de ses polyamides", souligne Mustaq Rahaman de Bloomberg Intelligence. "Avec, en plus, la volonté du management de réduire l’endettement cela pourrait provoquer un momentum positif pour une révision à la hausse de son rating, bien que les marges du segment 'formulations avancées' doivent encore être améliorées."

Actuellement, le groupe dirigé depuis le 1er mars par Ilham Kadri qui a succédé à Jean-Pierre Clamadieu bénéficie d’une notation long terme à BBB chez S&P et à Baa2 chez Moody’s. Elles datent de mai et août 2017.

"Solvay n’a pas d’objectif explicite pour sa notation ajoute l’analyste de Bloomberg mais avec un ratio d’endettement ajusté de 2,9 fin 2018 que nous estimons à 2,6 pour la fin de cette année cela correspond au seuil de 3 fixé par S&P pour une révision à la hausse."

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