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La voie est libre pour annuler l’OPA sur Recticel

S'il le souhaite, Greiner peut désormais déclarer caduque son OPA lancée sur Recticel. ©jonas lampens

La Commission européenne va mener une enquête approfondie sur le projet de rachat de Recticel par Greiner. Pas de feu vert après un examen initial donc, ce qui constituait une condition suspensive à l'OPA actuellement en cours.

Nouvel épisode dans votre série favorite qui a pour cadre la Bourse de Bruxelles et que nous intitulerons "Sa majesté des mousses". Rappelons-en les grandes lignes pour ceux qui seraient passés à côté du thriller financier belge de l'année.

Actionnaire de référence de Recticel , un leader européen dans les mousses de polyuréthane, Bois Sauvage annonce, en mai dernier, son intention de vendre (la cession n’est pas encore effective à ce jour) sa participation de 27% à Greiner, un concurrent de Recticel.

Pilule empoisonnée

Dans la foulée, le groupe autrichien signale son intention de lancer une offre publique d’acquisition conditionnelle (OPA actuellement en cours) au prix de 13,5 euros par action. Levée de boucliers chez Recticel qui estime que ce prix sous-estime la valeur de la société. Rapidement, le titre se négociera au-dessus du prix de l’offre bénéficiant, notamment, de résultats solides.

La Commission européenne craint que ce projet puisse réduire la concurrence sur le marché de la fourniture de certains produits en mousse technique, Recticel et Greiner étant les deux plus grands producteurs en Europe.

Pour contrer les visées hostiles de Greiner, le groupe belge met en place une pilule empoisonnée: il décide, en octobre, de vendre ses activités de mousses techniques à Carpenter pour 656 millions d’euros. Une opération qui doit obtenir l’aval des actionnaires lors d’une assemblée prévue le 6 décembre.

Il y a une bonne semaine, le groupe a également annoncé un accord liant pour la vente de son pôle de literie, une décision prise "in tempore non suspecto" dans le cadre de sa stratégie.

Enquête approfondie

Pendant ce temps, la Commission européenne a examiné l’opération de rachat initiée par Greiner. Et nous voilà arrivés au nouvel épisode. Hier, comme Greiner avait indiqué, le 15 novembre, s’y attendre, la Commission a ouvert une enquête approfondie sur ce projet d’acquisition à l’issue d’un examen initial.

Comme elle l’explique dans un communiqué, elle craint que ce projet puisse réduire la concurrence sur le marché de la fourniture de certains produits en mousse technique, Recticel et Greiner étant les deux plus grands producteurs en Europe. Avec, comme conséquence, une réduction du choix et une hausse des prix de certains produits. Les autorités européennes ont jusqu’au 8 avril 2022 pour prendre une décision.  

L’approbation de la Commission à l’issue de l’examen initial constituait l’une des conditions suspensive de l’OPA de Greiner qui se tient jusqu’au 17 décembre.

Condition suspensive

Soulignons ici que l’approbation de la Commission à l’issue de l’examen initial constituait l’une des conditions suspensives de l’OPA de Greiner qui se tient jusqu’au 17 décembre. Le 15 novembre, il a indiqué que si une enquête approfondie était diligentée, il réexaminerait sa position concernant les conditions suspensives au plus tard le 21 décembre. Si cette condition n’est pas levée, l’offre actuelle deviendrait caduque. En cas d'avis positif à l’issue de l’enquête qui va débuter, Greiner prévoit de lancer une nouvelle offre.

Maxime Stranart d’ING ("acheter"; 22 euros) voit cette décision européenne d’un bon œil, car elle ajoute une incertitude juridique à l'offre de Greiner, qui, à son avis sous-évalue considérablement la société. Elle implique également, souligne-t-il, que la participation de 27% de Bois Sauvage ne sera pas transférée à Greiner avant l’assemblée du 6 décembre, date du prochain épisode de votre série préférée.

À moins que Greiner n’attende pas la Saint-Nicolas pour se manifester…

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