Le groupe chimique Borealis investit près de 1 milliard d'euros à Anvers

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C'est l'un des plus gros investissements de ces vingt dernières années dans le secteur européen de la chimie.

Borealis investit près de 1 milliard d’euros dans une nouvelle usine au port d’Anvers. Les propriétaires de Borealis, dont fait partie un fonds d’investissement étatique d’Abu Dhabi, ont donné leur feu vert. Il s’agit d’un des plus gros investissements des vingt dernières années dans le secteur européen de la chimie. "Ce projet fera beaucoup parler de lui. Il mettra Anvers sur la carte du monde", explique Frank Beckx, administrateur-délégué de l’association professionnelle du secteur chimique Essenscia.

"Ce projet fera beaucoup parler de lui. Il mettra Anvers sur la carte du monde."
Frank Beckx
administrateur-délégué Essenscia

La nouvelle installation – qui sera construite à Kallo (partie sud de l’embouchure de l’Escaut) – devrait produire à terme 1 million de tonnes de propylène par an. Le propylène sert de base à de nombreux autres produits chimiques, ce qui ouvre la porte à d’autres investissements dans la région. "Cette usine est le premier maillon d’une chaîne de valeur. Sans cette base, la chaîne se construit ailleurs. Aujourd’hui, c’est ici qu’elle pourrait se constituer", ajoute Thomas Van De Velde qui pilote le projet chez Borealis.

La mise en service de l’usine est prévue pour 2022 et devrait créer 100 emplois directs. Mais à terme elle pourrait avoir un impact indirect bien plus important.

©Wim Kempenaers

Les premiers investissements connexes sont déjà en cours. Le terminal gazier Oiltanking Antwerp Gas Terminal construira de nouvelles installations de stockage, et Borealis étudie l’agrandissement de ses sites à Kallo et Beringen, où le propylène est transformé en polypropylène, une matière synthétique rigide utilisée entre autres dans les pare-chocs de voitures, les tableaux de bord, les emballages alimentaires et les aspirateurs. "La décision sera prise l’an prochain. Il s’agit d’investissements non négligeables, même s’ils se situent à une autre échelle."

La locomotive de l’Europe

Avec cet investissement, la Belgique peut à nouveau rivaliser avec les États-Unis, le Moyen-Orient et l’Extrême Orient, où d’autres grands complexes pétrochimiques ont vu le jour, tirés par la croissance économique locale et le boum du gaz de schiste. "La croissance des investissements dans le secteur européen de la chimie était plus faible qu’ailleurs, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’Anvers se profile comme étant la locomotive de l’Europe."

Ainsi, la société japonaise Nippon Shokubai a ouvert cette semaine une nouvelle usine à Anvers pour fabriquer des matériaux super-absorbants destinés aux couches, et qui représente un investissement de 350 millions d’euros.

C’est également l’un des plus gros investissements de ces vingt dernières années dans le secteur européen de la chimie.

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