Le patron de Solvay voit la guerre commerciale affecter les stratégies des entreprises

Jean-Pierre Clamadieu, le CEO de Solvay, en septembre 2017. ©Tim Dirven

Jean-Pierre Clamadieu, le CEO de Solvay et président d'Engie, estime que si la guerre commerciale perdure, cela pourrait affecter les stratégies de localisation des activités des entreprises. Les investissements de Solvay aux Etats-Unis pourraient être remis en question.

La guerre commerciale déclenchée par l'administration américaine risque de remettre en cause la stratégie d'investissements des entreprises dans le choix de la localisation de leurs activités, a déclaré dimanche à Reuters Jean-Pierre Clamadieu, PDG de Solvay  et nouveau président d'Engie .

"Les interrogations fortes sur le système commercial mondial, qui vont du Brexit à la guerre commerciale engagée entre les Etats Unis et la Chine, ce sont des éléments d'inquiétude pour les entreprises sur une décision assez essentielle, leurs investissements", a-t-il dit en marge des rencontres d'Aix en Provence.

Concernant Solvay, il a estimé que le retour de barrières douanières pourrait remettre en question la poursuite des investissements du chimiste belge aux Etats Unis.

Si on s'installe durablement dans une guerre commerciale, ça remet en question nos stratégies de localisation de nos activités.
Jean-Pierre Clamadieu
CEO de Solvay

"Si on s'installe durablement dans une guerre commerciale, ça remet en question nos stratégies de localisation (de nos activités)", a-t-il dit, ajoutant que cette interrogation était partagée par nombre de dirigeants d'entreprise.

Moins d'impact sur Engie

Alors que les droits de douane étaient jusqu'ici un sujet "secondaire" dans la réflexion sur la localisation (des activités des entreprises), la guerre commerciale peut avoir un impact sur leurs décisions structurelles d'investissement, a poursuivi le dirigeant.

Les tensions commerciales ont moins d'impact sur Engie, qui tend à produire et vendre dans la même zone géographique.

Ce qui manque à l'Europe, ce sont des leaders forts capables d'aller taper du poing sur la table avec toute la force qui faudrait.
Jean-Pierre Clamadieu
CEO de Solvay

"Soit c'est un épiphénomène et M. Trump revient à la raison, soit on est dans une situation où la localisation des activités va changer fondamentalement", a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, en Europe, les risques de friction voire de craquèlement existent, notamment sur des sujets sensibles comme l'automobile.

L'Europe a, selon Jean-Pierre Clamadieu, les outils institutionnels, "mais ce qui lui manque ce sont des leaders forts capables d'aller taper du poing sur la table avec toute la force qui faudrait".

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