Le rachat de l'activité nylon de Solvay par BASF dans le viseur de l'Europe

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La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie afin d'évaluer le projet d'acquisition de l'activité nylon de Solvay à l'échelle mondiale par BASF. La Commission craint que la concentration réduise la concurrence dans la fourniture d'intrants essentiels dans la chaîne de production du nylon.

En septembre dernier, Solvay signait un accord de cession de son activité de polyamides à l'allemand BASF. Coût de l'opération: 1,6 milliard d'euros. Cela créerait un acteur important sur le marché des composés de nylon, dont la taille de marché serait presque deux fois supérieure à celle du concurrent le plus proche, note la Commission.

Un argument qui a poussé les services européens de la concurrence à analyser dans le détail ce rapprochement. Après une enquête initiale, la Commission va à présent procéder à une enquête approfondie portant sur les effets de l'opération. L'enquête doit déterminer si les craintes initiales en matière de concurrence sont confirmées.

"Etant donné que seuls quelques fabricants fournissent des intrants essentiels à la production de différents produits en nylon, nous devons soigneusement examiner si le projet d'acquisition entraînerait une hausse des prix ou une diminution du choix pour les entreprises européennes et, en fin de compte, pour les consommateurs".
Margrethe Vestager
Commissaire européenne à la Concurrence

Pour Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, ce qui pourrait coincer c'est la concentration des forces en présence dans le secteur du nylon. Selon elle, le nylon, qui est utilisé dans des produits d'usage quotidien tels que les vêtements, les chaussures de sport et les tapis, "est aussi un intrant industriel important, qui contribue par exemple à développer des moteurs et des véhicules plus légers. Toutefois, étant donné que seuls quelques fabricants fournissent des intrants essentiels à la production de différents produits en nylon, nous devons soigneusement examiner si le projet d'acquisition entraînerait une hausse des prix ou une diminution du choix pour les entreprises européennes et, en fin de compte, pour les consommateurs".

La concurrence pourrait ne pas être préservée par les nouveaux arrivants

Solvay est actuellement le seul fabricant dans l'Espace économique européen qui possède des actifs de production à tous les niveaux de la chaîne de production du nylon, de l'ADN aux composés et fibres de nylon. Le groupe chimique coté à Bruxelles vend actuellement une partie importante de sa production d'intermédiaires à différents niveaux de la chaîne de valeur à d'autres entreprises actives dans la fabrication de composés et de fibres de nylon. BASF est également intégrée verticalement, mais ne produit pas d'ADN. Elle ne vend actuellement qu'une petite partie de sa production d'intermédiaires, car elle utilise la quasi-totalité de sa production en interne, pour produire des composés et des fibres de nylon.

L'entité issue de la concentration contrôlerait ainsi des parties considérables des marchés libres et des capacités de production à tous les niveaux de la chaîne de production du nylon. En outre, aucun autre acteur ne serait pleinement intégré de la même manière dans la chaîne de production. Les concurrents dépendront par conséquent de la capacité de l'entité issue de la concentration à continuer à leur fournir un ou plusieurs intrants essentiels, selon l'exécutif européen.

De plus, rien n'indique que la concurrence pourrait être préservée par les nouveaux arrivants, étant donné que l'accès aux intrants essentiels (tels que l'ADN) est limité et indispensable pour pouvoir exercer une concurrence effective.

La Commission a jusqu'au 31 octobre prochain pour rendre son avis sur le rapprochement et, le cas échéant, prendre une décision.

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