portrait

Patrice Sellès, poil à gratter de Monsanto

Arrivé à la tête du spécialiste des pesticides bio Biotalys mi-2019, Patrice Sellès a accéléré la marche. Il entend désormais amener la société en bourse dans les semaines à venir.

Ingénieur-chimiste de formation et passionné de sciences depuis son plus jeune âge, Patrice Sellès a longtemps cru que l'essentiel de sa vie se ferait paré d'une blouse blanche. Après tout, quoi de plus normal puisque c'est dans les laboratoires qu'il fait ses premiers pas, après de brillantes études à l'École nationale supérieure de chimie de Montpellier et un doctorat à l'université Pierre et Marie Curie à Paris.

À la fin des années 90, l'homme jongle un temps avec les antibiotiques dits "macrolides" (capables de se diffuser dans les tissus voire dans les cellules) puis avec les pigments chimiques, avant de rejoindre, en 2002, le géant suisse Syngenta, longtemps numéro un dans la fabrication de pesticides jusqu'au rachat de Monsanto par Bayer.

Mais en 2009, c'est le déclic. Dans le cadre d'un partenariat noué par son employeur, il rejoint l'une des plus importantes sociétés d'investissement européennes actives dans les sciences de la vie qu'est LSP. Direction Boston. Là, le Français se rend compte que ce qu'il vise comme objectif professionnel, c'est in fine de pouvoir amener de nouvelles technologies jusqu'au bout de leur croissance, fort d'une vision. Une leçon qu'il gardera en tête pendant les neuf ans qu'il passera encore chez Syngenta, d'abord en charge des acquisitions technologiques, puis de la gestion de l'ensemble du portefeuille de R&D du géant suisse, et enfin du volet digital.

Puis, mi-2019, la porte au changement s'ouvre. Patrice Sellès est approché pour reprendre les rênes de la spin-off AgroSavfe, née en 2013 dans le sillage de l'Institut flamand pour la biotechnologie (VIB). Il connaît la société. Et accepte donc sans trop tarder de se lancer dans l'aventure. Sa mission? Faire du spécialiste des pesticides bio une entreprise solide et substantielle sur le long terme, répondant aux nombreux défis actuels de l'agriculture et de la production alimentaire mondiale.

Depuis, force est de constater que l'essai a été transformé. Rebaptisée Biotalys fin 2019, la société a accéléré la marche et a pu demander récemment l'aval des autorités américaines et européennes compétentes pour la commercialisation future de ses produits. De quoi permettre à Patrice Sellès de se concentrer sur son dernier défi en date qu'est d'emmener Biotalys vers la bourse dans les semaines à venir. Le quinqua pourra compter dans cette entreprise sur le soutien de son CFO, Wim Ottevaere, qui a notamment accompagné l’introduction d'Ablynx .

BNP Paribas Fortis et la SFPI se sont par ailleurs déjà engagées à participer à l'opération pour quelque 10 millions d'euros. Reste à voir si les soutiens de la première heure suivront eux aussi. Depuis ses débuts, la biotech flamande a déjà levé quelque 63 millions d'euros. On la retrouve ainsi au capital d'AvH à la Gimv , en passant par le Boerenbond. L'invest flamand PMV, le fonds interuniversitaire Qbic, la société de capital-risque Sofinnova, l'investisseur biotech Rudi Mariën ou encore le véhicule Novalis LifeSciences de l'ancien patron de Bayer et ex-président d'Unilever Marijn Dekkers sont eux aussi notamment à bord.

CV Express

  • Né en 1971, il est ingénieur-chimiste de formation et docteur en chimie organique.
  • Après avoir travaillé dans les antibiotiques dits "macrolides" puis les pigments, il rejoint le géant suisse Syngenta où il œuvra pendant plus de 16 ans.
  • De 2009 à 2010, il attrape le virus de l'entrepreneuriat du côté de la société d'investissement LSP.
  • Mi-2019, il rejoint Biotalys.

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