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Pour les analystes, Recticel vaut plus que le prix offert par Greiner

Dirigé par Olivier Chapelle, Recticel va rencontrer Greiner lundi prochain à Bruxelles. ©Photo News

Cible d'une OPA non sollicitée dans le chef de Greiner, Recticel a relevé ses prévisions annuelles. Les analystes financiers estiment que le groupe belge mérite mieux que le prix annoncé.

C’est désormais acté. Comme on s’en doutait face à son relatif silence depuis l’annonce vendredi du rachat par Greiner de la participation de 27% de Bois Sauvage dans son capital, Recticel ne compte pas se laisser avaler par son concurrent autrichien sans combattre.

Pour reprendre un langage de sous-marinier, le spécialiste de l’isolation et des mousses techniques a lâché ce matin une contre-mesure (leurre) pour dévier la torpille de Greiner. Une torpille qui a pris la forme d’un OPA, pour le moins non-sollicitée, au prix de 13,5 euros.

Prévision doublée

Trois semaines seulement après avoir dévoilé ses chiffres du premier trimestre, Recticel a revu ses prévisions annuelles à la hausse. Et pas qu’un peu. Grâce à l’intégration sur neuf mois de FoamPartner acquise fin de l'année dernière, il table désormais sur un ebitda ajusté compris entre 123 et 133 millions d’euros soit le double de celui dégagé l’an dernier. L’effet escompté n’a pas tardé: l’action a grimpé de 5% à 14,84 euros ce mercredi matin.

"C'est un signe que le conseil d’administration (de Recticel) va se montrer combatif face au projet de Greiner."
Wim Hoste
Analyste chez KBC Securities

Cette publication inattendue d’une nouvelle fourchette de prévision supérieure de 11% à 20% au consensus n’est pas seulement une bonne surprise, mais également un signe que le conseil d’administration va se montrer combatif face au projet de Greiner constate Wim Hoste de KBC Securities qui a une nouvelle fois relevé, en l’espace de 24 heures, son objectif de cours. Il passe de 15 à 16 euros, le conseil restant à "accumuler".

L'ombre du chevalier blanc

Chez Degroof Petercam, Kris Kippers souligne que l’amélioration de la guidance rendra plus difficile encore le lancement de l’OPA envisagée par Greiner au prix de 13,5 euros.

Mardi, l’analyste évoquait le scénario d’un chevalier blanc dont D’Ieteren ou Wendel pourrait revêtir l’armure. Ces deux groupes disposent de moyens suffisants pour contrer l’approche de l’Autrichien.

Les analystes d'ING restent convaincus qu’un prix compris entre 23,5 et 25 euros par action serait correct pour tous les minoritaires.

"C’est, à notre avis, la prochaine étape sur laquelle la direction travaille actuellement" écrit-il aujourd’hui. "Le moins qu'ils puissent faire est d'obtenir un prix plus élevé, car nous avons conclu mardi qu'une prime de contrôle ne faisait pas partie du prix actuellement proposé par Greiner." Il a placé sa recommandation et son objectif de cours sous revue. Ce dernier était à 15 euros hier encore.

Maxime Stranart et Stijn Demeester d’ING ("acheter"; 18 euros) relèvent, pour leur part, que ces prévisions mettent à nouveau en lumière la sous-évaluation matérielle des conditions de l’offre envisagée par Greiner. Ils restent convaincus qu’un prix compris entre 23,5 et 25 euros par action serait correct pour tous les minoritaires compte tenu du potentiel significatif du groupe en termes de croissance des volumes et de la rentabilité.

Prochain épisode d'ores et déjà planifié dans ce feuilleton boursier: la rencontre entre Recticel et Greiner prévue lundi à Bruxelles.

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