Quel prix pour une troisième offre sur Recticel?

Après avoir essuyé deux refus, l'un portant sur une offre publique (OPA) et l'autre concernant seulement deux divisions de Recticel, Kingspan n'abandonne pas la partie. La plupart des analystes estiment probable une surenchère sur le prix de l'OPA.

"No, thanks !" C’est donc la réponse, sans véritable surprise, formulée ce matin par Recticel à l’offre du groupe irlandais Kingspan sur ses divisions isolation et mousses souples pour un montant de 700 millions d’euros.

Pas conforme à la stratégie, risques légaux, conséquences fiscales négatives en cas de distribution du capital aux actionnaires et prix insuffisant figurent parmi les principales raisons avancées par le conseil d’administration pour justifier son refus.

OPA à 10 euros

Mais le dossier est loin d’être clos pour autant car Kingspan a demandé au leader européen des mousses de polyuréthane d’explorer une éventuelle offre publique. Un premier essai en ce sens avait déjà été tenté plus tôt dans l’année au prix de 10 euros avec une fin de non-recevoir, a-t-on appris aujourd’hui. Dans son communiqué de ce matin, le conseil de Recticel s’est dit ouvert à des discussions si une nouvelle proposition d’acquisition était formulée "à des conditions appropriées".

C’est suite à cet échec que Kingspan s’est finalement rabattu sur deux des quatre divisions de Recticel, semble-t-il. Notons au passage, si c'est bien la cas, qu’il aurait été sans doute plus respectueux du principe d’égalité des actionnaires que cette première offre à 10 euros soit communiquée au marché au moins concomitamment à la seconde afin que les investisseurs aient toutes les cartes en main. Mais soit.

Pour plusieurs analystes, une surenchère de Kingspan sur l’ensemble du groupe reste dans le domaine du possible. En Bourse, le marché semblait y croire ce matin avec une hausse de près de 5% de l'action. Mais, en début d'après-midi, Reuters mentionnait une source indiquant que Kingspan n'avait pas l'intention de surenchérir et que le groupe considérait l'affaire comme classée. Le titre reculait de 2,5% vers 14h15.

Quelle surenchère?

"La question clé est maintenant de savoir si Kingspan reviendra avec une offre améliorée", notait en début de journée Wim Hoste de KBC Securities ("acheter" ; 10 euros) qui n’excluait certainement pas un tel scénario avec un prix qui dépasserait largement son objectif de cours de 10 euros. "Nous recommandons aux investisseurs de profiter de n’importe quelle faiblesse de l’action aujourd’hui suite au refus de l’offre pour renforcer leur position sur Recticel."

Chez Berenberg ("acheter"; 10,5 euros), on estimait que le prix de 10 euros précédemment rejeté pourrait servir de valeur plancher pour des négociations potentielles. Le broker a rappelé que le groupe irlandais dispose de la puissance de feu nécessaire pour accroître son offre mais au regard de ses acquisitions antérieures il ne faut pas s’attendre à ce qu’il aille nettement plus haut.

Pour Maxime Stranart d’ING ("acheter"; 14 euros), les choses sont déjà plus avancées. "Kingspan revient maintenant avec une offre plus sensible sur toute la société", écrit-il. "La nouvelle offre de Kingspan souligne le fait que le groupe irlandais est déterminé et prêt à être flexible pour acquérir l’isolation de Recticel. A nos yeux, cela renforce la probabilité d’un accord."

Chez Degroof Petercam, Nathalie Debruyne ("acheter") a abaissé son objectif de cours à 12,5 euros contre 14,2 euros avant qui contenait une prime d’OPA. "Cela reflète à 50% un scénario d’OPA (14,2 euros) et à 50% la probabilité que Recticel poursuive sur une base de ‘standalone’ (10,8 euros)", a calculé l’analyste. Pour elle, une seconde offre relevée de 20% par rapport à la première (10 euros) est plus réaliste et servirait de base solide à des discussions.

Prochain épisode du feuilleton, lundi prochain avec la publication des chiffres trimestriels de Recticel.

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