Recticel entame son virage automobile, le marché apprécie

©BELGA

Recticel réduit sa participation dans la coentreprise Proseat qui produit des sièges pour voitures. Le montant de cette opération en deux volets n'a pas été dévoilé. Les analystes ont sorti leurs calculettes et arrivent à des chiffres différents.

Depuis le début de l’année, la direction de Recticel s’active pour vendre sa division automobile qui comprend deux pôles : les sièges pour voiture et des appui-tête, entre autres, via la coentreprise Proseat d’une part, et des revêtements sur mesure pour l’habitacle comme les tableaux de bord ou les panneaux de portes de l’autre, regroupés sous la dénomination "interiors".

Ce matin, le leader européen dans les mousses de polyuréthane a concrétisé une première phase de ce projet. Dans une opération comportant deux volets, il va d’abord racheter les 49% de Proseat encore aux mains de son partenaire canadien Woodbridge Foam Corporation. Il vendra ensuite 75% des parts à la société cotée japonaise Sekisui Plastics. Cette dernière dispose d’une option d’achat, dès 2019, pour acquérir les 25% des parts encore dans les mains de Recticel. Le groupe belge, de son côté, pourra vendre sa participation à son nouveau partenaire à partir de 2022.

La nouvelle a été bien accueillie en Bourse, l’action prenant 6,4% à 6,66 euros en fin de matinée.

Bataille de calculettes

Peu de détails financiers ont filtré sur cette transaction. Recticel a simplement précisé que la valeur de Proseat a été fixée à 8,4 fois l’Ebitda moyen (2016 à 2018) et que cette transaction n’aura aucun effet substantiel sur ses comptes de résultat.

"Nous estimons que Proseat a généré annuellement un Ebitda de 9 millions d’euros entre 2016 et 2018, ce qui valorise la coentreprise à environ 75 millions d’euros" a calculé Giel-Jan Triest d’ING qui estime que cette nouvelle doit être considérée comme un élément positif majeur. Pour trois raisons: Recticel tient ses promesses, la vente de Proseat était l’actif le plus difficile à vendre et le multiple utilisé est supérieur aux attentes de l’analyste.

"Cela nous conforte dans l’idée que Recticel sera capable de céder le reste de la division automobile ("interiors") à une valeur d’entreprise de 5 fois l’Ebitda" assure Giel-Jan Triest qui reste à l’achat sur la valeur avec un objectif de cours de 11 euros.

Les chiffres de Wim Hoste de KBC Securities ne concordent pas avec ceux de son confrère d’ING. Pour lui, ce rachat/cession a été réalisé à une valorisation proche de la valeur comptable de 49,6 millions d’euros car Recticel a indiqué qu’elle n’aurait pas d’impact sur ses résultats.

"Avant cette transaction, nous valorisions l’ensemble du segment automobile à 120 millions d’euros soit 3,8 fois le Rebitda estimé de 2019", rappelle l’analyste. "Nous saluons l’opération et considérons le prix comme étant certainement acceptable". Sa recommandation et son objectif de cours restent inchangés à " acheter " et à 10 euros.

Une sortie plus complexe que prévu

De son côté, Nathalie Debruyne de Degroof Petercam ne s’aventure pas à mettre un chiffre sur Proseat. "La transaction valorise la coentreprise à des multiples supérieurs que ce l’on trouvait dans les modèles d’analystes ce qui pourrait impliquer un montant supérieur à la valeur comptable."

Globalement, l’analyste voit ce "deal" d’un bon œil même si la sortie de Recticel de l’automobile s’avère plus complexe qu’attendu. "C’est la troisième tentative du groupe pour sortir de cette coentreprise et celle-ci est finalement la bonne" remarque-t-elle. Pas de modification non plus au niveau de son conseil ("acheter") et de son "target" (10,8 euros).

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