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Recticel vend une de ses divisions pour contrer l'OPA de Greiner

Olivier Chapelle, CEO de Recticel. ©Tim Dirven

Recticel va céder son pôle de mousses techniques qui intéressait, au premier chef, Greiner. Avec l'argent de la vente, il pourrait distribuer un dividende exceptionnel.

Et voilà enfin la réponse du berger à la bergère. Pour contrer l'OPA hostile que Greiner va lancer cette semaine, Recticel a décidé tout bonnement de se séparer de ce qui intéressait le plus le groupe autrichien: les activités de mousses techniques.

Avec la vente du pôle literie actuellement en cours, Recticel deviendra dès lors axé uniquement sur l'isolation, "un segment qui présente des perspectives de croissance et de rentabilité excellentes" comme il l'affirme dans un communiqué.

656
millions d'euros
Carpenter va racheter la division mousses techniques de Recticel pour une valeur d'entreprise de 656 millions d'euros.

Le spécialiste des mousses en polyuréthane a donc reçu une offre liante du groupe américain Carpenter, valorisant ce pôle à 656 millions d'euros (soit environ 11,65 euros par action). "De cette manière, nous libérerons tout le potentiel de Recticel et réaliserons une valeur supérieure pour les actionnaires par rapport à l'offre publique d'achat non sollicitée de Greiner", explique son CEO Olivier Chapelle.

Basé à Richmond, Carpenter est l'un des plus importants producteurs de produits en mousse, comptant 4.000 employés répartis dans 50 sites en Amérique du Nord et en Europe, dont la Belgique. Son chiffre d'affaires annuel tourne autour de 1,7 milliard d'euros.

Un "mini-Kingspan"

Le prix offert pour les activités mousses de Recticel est plus ou moins en ligne avec les estimations des analystes dans leur évaluation dite de la somme des parties. "Ce montant n'est inférieur que de 60 millions d'euros à mon estimation datant de mai", indique Kris Kippers de Degroof Petercam.

Selon lui, le plus important est que, une fois cette transaction finalisée, "Recticel deviendra une sorte de mini-Kingspan: un pure player dans l'isolation".

Dividende exceptionnel?

Mais que va faire la société belge avec ce pactole? Le conseil d'administration va se pencher sur les différentes options qui se présentent à lui, dont une potentielle distribution aux actionnaires.

"Après l'accord avec Carpenter, sa trésorerie nette s'élèvera à plus de 400 millions d'euros. Une position de trésorerie aussi importante n'est pas nécessaire."
Kris Kippers
analyste chez Degroof Petercam

Kris Kippers penche d'ailleurs pour cette solution. "Après l'accord avec Carpenter, la trésorerie de Recticel nette s’élèvera à plus de 400 millions d'euros. Une position de trésorerie aussi importante n'est pas nécessaire. En d'autres termes, nous pouvons probablement compter sur des distributions à l'actionnaire."

Mais avant d'en arriver là, cette cession, outre les classiques procédures de due diligence et de contrôle des autorités de la concurrence, devra passer par le vote des actionnaires lors d'une assemblée extraordinaire qui se tiendra début décembre. La transaction devrait être bouclée lors du 2e trimestre 2022.

Greiner va-t-il abandonner la partie?

Reste à savoir quelle sera la réaction de Greiner face à la manœuvre initiée par Recticel pour contrer son OPA. Va-t-il se débarrasser de ses parts, ou, au contraire, les conserver et lutter jusqu'au bout en relevant son offre, par exemple, et en pesant sur la décision de l'assemblée?

Recticel examinait depuis la mi-mai les différentes options stratégiques qui s'offraient à lui pour éviter de tomber dans les mains de Greiner.

Rappelons que le holding Bois Sauvage , actionnaire de référence de Recticel depuis de longues années, a annoncé mi-mai son intention de vendre son bloc de 27% dans la société à l’autrichien Greiner.

Depuis lors, Recticel examinait les différentes options stratégiques qui s'offraient à lui, pour éviter de tomber dans les mains de Greiner. La hausse de ses prévisions annuelles et de solides résultats semestriels ont permis à l'action de se maintenir au-dessus du prix de l'offre (13,5 euros par action) depuis son annonce. La cotation en bourse est pour l'heure suspendue par l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA) dans l'attente d'éventuelles déclarations de Greiner. Les Autrichiens ont en théorie cinq jours pour réagir.

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