Sans acquisition, Solvay devra redistribuer son cash

L’attractivité de l’action a subi la perte de la pharma. Le ratio de rentabilité est aujourd’hui à moins de 5%. La situation doit donc changer. "Si Solvay ne trouve pas une acquisition, il va devoir redistribuer aux actionnaires le cash généré par la vente de la division pharmaceutique", estime un analyste.

La pression monte sur Solvay et sur sa fameuse acquisition tant attendue par les investisseurs. En coulisses Christian Jourquin, le CEO du groupe, ne s’en cache pas. Les marchés attendent qu’une décision soit prise " le plus vite possible ".

Question cash, le problème est plus ou moins réglé depuis plusieurs mois. La vente de la division pharma à l’Américain Abbott a rapporté à Solvay 5,2 milliards d’euros. Un montant qui fait monter le trésor de guerre du groupe à 6,5 milliards d’euros. La valeur comptable par action est quant à elle en forte hausse. D’un peu plus de 34 euros en 2004, elle devrait dépasser les 86 euros cette année. Cette indication montre bien que le cash reçu dans la pharma est rentré dans le bilan. Du côté de la dette nette, elle représente un peu plus de 40% des moyens propres du groupe.

Vers où va Solvay ? Dans sa réorganisation dévoilée jeudi, le management du groupe a donné quelques indications.  L’avenir de Solvay se dessine autour de quatre axes stratégiques : les polymères spéciaux, les produits chimiques spéciaux, les produits chimiques essentiels et les vinyles. Cette nouvelle structure peut, selon certains analystes, donner quelques indications quant à l’acquisition que prépare le groupe. " Solvay vient de créer deux nouveaux axes : les polymères spéciaux, les produits chimiques spéciaux. Cela montre bien qu’ils veulent se renforcer dans cette direction. On le voit bien, tout se prépare pour un gros coup. Il faut d’ailleurs noter que les marges dans ces deux secteurs sont plus importantes ", explique Danny Van Quaethem, chef de la recherche chez Société Générale Private Banking en Belgique. D’un point de vue géographie, le groupe belge mise beaucoup sur la croissance des pays émergents. Quant au candidat, plusieurs noms circulent chez les investisseurs : le Belge Umicore, le Suisse Clariant, l’Allemand Symrise et l’Allemand Wacker Chimie.

Le timing est connu. Solvay s’est donné comme priorité cette année de réinvestir l’argent récolté par la vente de la pharma. Or la montre tourne.

Une chose est certaine, la situation ne peut rester indéfiniment dans l’état actuel. " D’un point de vue technique, la situation est négative ", estime Danny Van Quaethem. " Si Solvay ne trouve pas une acquisition, il va devoir redistribuer aux actionnaires le cash généré par la vente de la division pharmaceutique. " Quant à l’attractivité de l’action, elle subit également la perte de la pharma. " Le ratio de rentabilité est aujourd’hui à moins de 5%. Ils doivent faire quelque chose car pour du capital à risque, c’est un rendement beaucoup trop bas. Le management avait annoncé un objectif de rendement de 15%. Ce target a déjà été atteint par le passé. Mais j’ai confiance en la direction. Si on regarde le passé de Solvay, la société a fait de bonnes acquisitions. "

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés