Solvay a limité la casse en 2020

L'initiative de la CEO Ilham Kadri de mettre en place un fonds de solidarité aura permis de récolter près de 15 millions d'euros pour les employés du groupe en difficulté. ©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

Dans une année marquée par la pandémie, le groupe chimique Solvay a fait de la prudence son maître mot. Conséquence de la crise, Solvay a accéléré la réorganisation de ses fonctions de support, supprimant 450 postes.

Le calvaire est enfin terminé. 2020, année noire pour l'industrie et ses fournisseurs, se clôture enfin, laissant entrevoir aux directeurs financiers des jours meilleurs. À condition que la pandémie de coronavirus trouve un jour son terme. Pour Solvay , le groupe chimique du BEL 20, l'heure n'est ni à la fête ni aux pleurs. L'entreprise est parvenue à limiter la casse, même si une réorganisation stratégique de ses fonctions de support est en cours, coûtant au passage leur poste à 450 employés.

1,9 milliard €
L'ebitda du groupe se monte à 1,9 milliard d'euros, soit 16,2% de moins qu'en 2019.

Mais place aux chiffres. Sur l'ensemble de l'année écoulée, Solvay a enregistré un chiffre d'affaires de 8,9 milliards d'euros. C'est forcément moins bien qu'en 2019, de 12,5% précisément, tout comme l'ebitda qui, s'élevant à 1,9 milliard d'euros, affiche un recul de 16,2%. "Si on exclut les marchés les plus fragilisés (aéronautique, automobile et oil & gas), le chiffre d'affaires n'a reculé que de 5%", a tenu à souligner Karim Hajjar, le CFO du groupe.

Au total, le bénéfice net de l'entreprise dégringole à 618 millions, contre plus de 1 milliard un an auparavant. Le bénéfice par action se monte à 5,99 euros, contre 10,41 euros en 2019.

Réduction de coûts

Face à la crise, le groupe belge aura donc mis l'accent sur la réduction de coûts. Aussi, dès janvier, un nouveau plan stratégique, baptisé G.R.O.W. a été mis en branle, avec pour objectif principal de simplifier les fonctions de support. D'ici à 2022, 800 emplois seront concernés par ledit plan dans le monde entier. En Belgique, ce sont 101 postes qui seront impactés.

En chiffres nets, ce sont 450 emplois qui seront purement et simplement supprimés. L’entreprise espère que cela lui permettra de réaliser 75 millions d’économies. Solvay entend économiser 500 millions d’ici à la fin de 2024. L'entreprise a aussi porté une attention toute particulière à l'alimentation de sa trésorerie. En 2020, elle a grimpé jusqu'à 963 millions d'euros, un record.

"Notre portefeuille d'activités est très dynamique et il n'y a pas de vaches sacrées. Lorsque nous avons le sentiment de ne pas être le meilleur propriétaire possible d'une activité, il est logique que nous nous en séparions."
Ilham Kadri
CEO de Solvay

Du reste, le groupe a confirmé son intention de désinvestir dans 6 segments et d'en céder ses participations. Solvay prévoit de conclure ces transactions représentant un chiffre d'affaires annuel combiné d'environ 300 millions au cours du premier semestre 2021. "Notre portefeuille d'activités est très dynamique et il n'y a pas de vaches sacrées. Lorsque nous avons le sentiment de ne pas être le meilleur propriétaire possible d'une activité, il est logique que nous nous en séparions", a commenté la CEO Ilham Kadri. Enfin, il a été décidé que l'activité Soda Ash (carbonate de soute) devienne une entité légale séparée.

Fonds de solidarité

15 millions €
Au total, 15 millions d'euros et 800 jours de congé auront été collectés dans le cadre du fonds de solidarité.

Mais par delà la prudence, le groupe a tenu à faire preuve de solidarité vis-à-vis de ses travailleurs. Aussi, l'initiative d'Ilham Kadri de mettre en place un fonds de solidarité destiné à aider les employés à surmonter la crise, n'aura pas été une vaine promesse. Au total, 15 millions d'euros et 800 jours de congé auront été collectés auprès des cadres et des actionnaires de la société, permettant ainsi de venir en aide à quelque 1.600 familles.

Pour le premier trimestre 2021, Solvay table sur un ebitda compris entre 520 et 550 millions d'euros. Le groupe annonce aussi reprendre de manière plus conséquente ses dépenses d'investissement - notamment dans les thermoplastiques composites, les batteries de véhicule électrique et l'hydrogène - tout en poursuivant son programme de réduction de coûts. Prudence donc.

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