Solvay et Ineos: le deal qui passe mal

Jean-Pierre Clamadieu, le CEO de Solvay (©belga) ©BELGA

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur la joint-venture entre Solvay et Ineos.

Le deal entre Solvay et Ineos ne passe décidément pas comme une lettre à la poste auprès des instances européennes.

En octobre dernier, les deux entreprises avaient communiqué à la Commission européenne les concessions auxquelles elles consentaient pour garantir l'opération. L'autorité européenne s'était donné jusqu'au 5 novembre pour examiner l'opération. Un délai qui, visiblement, n'a pas été suffisant.

En bref

Solvay et Ineos veulent créer une joint-venture à parts égales dans le secteur du PVC. Cette opération, d'une valeur de 4,3 milliards d'euros, doit aboutir à la création du numéro trois mondial des PVC.

Après un délai de quatre à six ans, Ineos reprendrait l'intégralité des parts de Solvay. La multinationale bruxelloise sortirait en douceur de cette activité.

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie pour déterminer si le projet d'entreprise commune entre le groupe chimique belge Solvay et son concurrent suisse Ineos dans le secteur du PVC est conforme aux règles de l'UE sur les concentrations, a-t-elle annoncé mardi.

Solvay avait annoncé le 7 mai la création de cette coentreprise qui devrait se classer parmi les trois premiers acteurs mondiaux sur le créneau des chlorures de vinyle, dont fait partie le PVC.

La coentreprise, qui devrait employer près de 5.650 personnes dans neuf pays et rassembler les actifs des deux entreprises sur l'ensemble de la chaîne chloro-vinyle, devrait afficher un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros, avait alors précisé Solvay.

La Commission explique dans un communiqué que son enquête préliminaire "a révélé des problèmes de concurrence" au niveau des marchés du polychlorure de vinyle en suspension (S-PVC), couramment utilisé dans la fabrication de conduites, d'accessoires moulés et de châssis de portes et fenêtres, et de l'eau de javel (hypochlorite de sodium), deux marchés "sur lesquels les deux sociétés occupent une position clé".

L'enquête initiale a notamment montré que l'opération associerait les deux principaux fournisseurs de S-PVC dans le nord-ouest de l'Europe et d'eau de javel dans le Benelux, ce qui risque, par la diminution de la pression concurrentielle, de faire monter les prix.

Les parties ont proposé des engagements à la Commission, mais celle-ci a estimé qu'ils "n'apportaient pas une solution suffisamment bien définie pour atténuer ses craintes".

"La Commission doit veiller à ce que la concurrence soit maintenue sur ces deux marchés et à ce qu'aucun préjudice ne soit causé", a souligné le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, cité dans le communiqué.

L'ouverture d'une enquête approfondie ne présage pas de l'issue de la procédure, rappelle la Commission, qui a désormais jusqu'au 21 mars pour prendre une décision.

Réagissant dans un communiqué, Solvay et Ineos assurent "qu'ils continueront à travailler en étroite collaboration avec la Commission.

Les deux groupes sont confiants quant à l'obtention de l'autorisation de la Commission, attendue au cours du premier semestre 2014. Cela permettra de créer une nouvelle entreprise plus compétitive et durable qui apportera de nombreux avantages à ses clients européens, dans un environnement économique en pleine mutation", écrivent-ils.

Il se murmure que les deux partenaires auraient proposé de vendre le site PVC d'Ineos à Schkopau (Allemagne) mais que cela n'aurait pas été suffisant. Sa valeur est estimée à 60 millions d'euros pour une production de 150.000 tonnes par an.

 

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