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"Solvay pourrait vendre ses activités historiques"

Les résultats du groupe chimique dirigé par Ilham Kadri ont été salués par le marché. ©Brecht Van Maele

Solvay va intégrer sa production de carbonate de soude dans une entité distincte. Un prélude, selon plusieurs analystes, à une vente totale ou partielle.

Évacuons le volet négatif. On le savait, l’année 2020 s’est révélée particulièrement délicate pour Solvay la pandémie touchant directement des secteurs où le groupe chimique est très présent comme l’aviation, le pétrole ou le gaz.

Cela s’est, bien entendu, reflété dans le compte de résultats avec un chiffre d’affaires en baisse de 12,5% et une chute de 42% du bénéfice net à 618 millions. Petite déception aussi au niveau du quatrième trimestre. Alors que des concurrents ont fait état de chiffres très solides, ceux de Solvay ne sont que légèrement supérieurs aux attentes comme le souligne Loïc De Smet de Kepler Cheuvreux ("conserver"; 101 euros). Malgré ce cru à oublier au plus vite, le groupe dirigé par Ilham Kadri a tenu à maintenir le dividende inchangé à 3,75 euros.

Comme Agfa-Gevaert

Ainsi que la réaction en bourse le démontre - le titre a grimpé de plus de 5% ce mercredi - il y a pas mal d’autres éléments qui ont été appréciés à leur juste valeur ce mercredi matin par les investisseurs.

"Nous voyons cela comme le prélude très attendu à la cession totale ou partielle de cette division."
Stijn Demeester
Analyse chez ING

L’un des plus notables concerne la volonté d’organiser son activité historique de carbonate de soude (un produit utilisé dans la fabrication du verre) en une structure juridique distincte et entièrement contrôlée à l’image de ce qu’Agfa-Gevaert a mis en place pour deux de ses divisions, par exemple. L’objectif: permettre une flexibilité stratégique. L'an dernier, ce pôle pesait 16% des ventes totales.

"Cela pourrait présager une vente qui modifierait clairement le profil du groupe vers la chimie de spécialités", estime Wim Hoste de KBC Securities ("accumuler" ; 110 euros). Stijn Demeester d’ING ("acheter"; 90 euros) abonde en ce sens. "Nous voyons cela comme le prélude très attendu à la cession totale ou partielle de cette division qui devrait entraîner une réévaluation de l’action."

Bonne cadence

Voici les autres éléments qui expliquent la bonne tenue de l’action. Un, la prévision de l’ebitda pour le 1ᵉʳ trimestre, comprise entre 520 millions et 550 millions d’euros, est supérieure de 6% au consensus et "imprime une bonne cadence pour l’année", comme le souligne l’analyste d’ING.

963
millions d'euros
Solvay a dégagé un cash-flow libre record et supérieur aux attentes de 963 millions d'euros.

Deux, le cash-flow libre généré en 2020 s’élève à 963 millions d’euros, soit de 63 millions supérieurs aux estimations. Trois, Solvay a relevé l’objectif d’économies à moyen terme de 300 millions - annoncé fin 2019 - à 500 millions d’ici la fin de 2024. "Cet objectif revu à la hausse, montre aussi que sur ce front, le processus d’optimisation du groupe n’est pas encore terminé et qu’il existe encore plus de marge pour l’amélioration", estime Frank Claassen de Degroof Petercam ("acheter" ; 110 euros)

Ecoutez le podcast avec Ilham Kadri

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