2017, année de transition positive pour Besix

Rik Vandenberghe, le CEO de Besix, en compagnie de son CFO, Jan Gesquière (à gauche) ©Photo News

Année de transition prometteuse pour l’entreprise générale de construction belge Besix et son actionnariat privé très industriel (management buy out). Malgré l’arrivée d’un nouveau CEO au printemps dernier et d’un nouveau CFO à l’automne, le groupe poursuit en 2017 sur sa lancée de 2016.

Oublié le faux pas de 2015 où on avait frôlé un résultat net négatif malgré un carnet de commandes bien rempli? Pas vraiment: on a retenu la leçon et verrouillé les boulons. Résultat: après une année 2016 record affichant un résultat inédit de plus de 120 millions d’euros (moyennant une reprise de provision de 30 millions), on récidive et on stabilise en 2017, avec un résultat net dépassant à nouveau les 100 millions d’euros et un carnet de commandes global de 3 milliards d’euros. Ce dernier laisse augurer, comme l’annonce déjà le président du conseil d’administration et actionnaire majoritaire Johan Beerlandt, “une année 2018 record”.

Rik Vandenberghe, le nouveau CEO et ami de longue date du précédent, tempère directement son président, en homme de chiffres prudent qu’il est. “C’est vrai que cela s’annonce bien, malgré quelques chantiers qui ont pris du retard, notamment au Cameroun, à Dubai (Atlantis2) et au Qatar. Mais il ne faut préjuger de rien…”,  modère-t-il, acquiescé par son nouveau CFO et réviseur aux comptes, Jan Gesquière, en place depuis cinq mois seulement.

"A la suite de ces récentes acquisitions, pas moins de 1.000 nouveaux collaborateurs ont renforcé le groupe en 2017. Et notre première priorité est de continuer à motiver nos effectifs et à les renouveler, car c’est notre premier atout à long terme. Sans cela, l’expertise de Besix, d’abord humaine, s’essoufflerait."
Rik Vandenberghe
CEO de Besix

Fusions-acquisitions et diversification

Besix Group, on ne le dit pas assez, c’est aujourd’hui 14.000 collaborateurs disséminés dans 20 pays. Parfois, les équipes y séjournent sur des chantiers isolés de tout durant des mois, comme c’est le cas sur un projet de nouveau port au large d’Oman, à 600 kms de la capitale.

©Besix

La  stratégie de diversification sectorielle et géographique entamée voici plus de dix ans déjà porte aujourd’hui clairement ses fruits. Avec un chiffre d’affaires consolidé de 2,337 milliards d’euros et un résultat net consolidé de 102,6 millions, le ton est donné. 60% de ce résultat provient des activités “core” en contracting et 40% des autres activités du groupe de construction.

Pour renforcer sa stratégie de diversification et renforcer son flux actuel de revenus, Besix a mis la main au portefeuille et fait fondre ses réserves de cash pour acquérir toutes les filiales belges principales de Heijmans, mais aussi l’entreprise Martello Group (via sa filiale Franki Foundations), Larabo (via Van den Berg), Enrobage Stockem et Witraloc (via Socogetra) et une part de Energieconcepten (via Vanhout). “A la suite de ces récentes acquisitions, pas moins de 1.000 nouveaux collaborateurs ont renforcé le groupe en 2017.  Et notre première priorité est de continuer à motiver nos effectifs et à les renouveler, car c’est notre premier atout à long terme. Sans cela, l’expertise de Besix, d’abord humaine, s’essoufflerait”, insiste Rik Vandenberghe, souriant et à l’aise dans son nouveau costume.

©Besix

Côté solvabilité, Jan Gesquière (CFO) se veut rassurant: “ Nos lignes de crédit non activées et nos dépôts nous offrent un coussin d’environ 500 millions d’euros si besoin ”, détaille-t-il, en chiffrant le ration de solvabilité de l’entreprise à 27.8% alors que la moyenne est de 20% dans le secteur.

Une année 2018 record?

L’année en cours débute sous les meilleurs auspices avec l’obtention de projets qui renforcent la carte de visite maison sur tous les continents. A commencer quelques projets pharaoniques à Dubaï comme les fondations de la future plus haute tour du monde et par la centrale ‘Waste-to-Energy’: ce projet mené en partenariat avec Hitachi et dont le budget global avoisinée 700 millions d’euros a pour objet la construction d’une centrale de recyclage et de transformation des déchets (5.000 tonnes) en électricité: une première au Moyen-Orient qui sera opérationnelle pour la prochaine exposition universelle Dubai 2020. Besix vise également d’autres contrats de construction en marge de ce rendez-vous phare pour les Émirats arabes unis (EAU).

Un autre moment fort de l’année en cours est sur le point d’aboutir: il s’agit de finaliser l’offre lancée il y a 15 jours sur 50% des actions non encore détenues par Besix dans Watpac, une société de construction australienne cotée à la bourse de Brisbane et qui constituera, une fois la majorité de 65% détenue, une solide tête de pont aux antipodes sur un marché porteur et très fermé.

©Besix

Le pôle International (c. à d. le reste du monde) a, quant à lui, connu une année moins favorable. Cette situation est principalement due aux coûts importants engagés dans le cadre du développement et de la préparation de plusieurs projets, ou encore dans le cadre d’appels d’offres pour des projets majeurs où la décision d’investir des clients dépend du coût des matières premières (hydrocarbures ou minerais), ou pour des projets qui dépendent de décisions gouvernementales (principalement en Afrique).

La solution "plus efficace et moins chère" de Besix pour rénover le tunnel Léopold II

La fermeture complète du tunnel Léopold II à Bruxelles pour toute la durée de sa rénovation aurait été plus efficace pour les entrepreneurs qui y seront actifs et aurait coûté moins cher. C'est ce qu'a confié vendredi Rik Vandenberghe, l'administrateur délégué du groupe de construction Besix, en marge de la présentation des résultats annuels de son entreprise. Celle-ci fait partie du consortium auquel a été confié ce chantier d'envergure, qui s'étendra sur 39 mois   

Pour limiter un maximum les perturbations durant les travaux, le tunnel ne sera complètement fermé que durant les mois d'été de juillet et d'août, et ce durant trois ans. Le reste de l'année, il le sera également les nuits du dimanche au jeudi, de 22h00 à 6h00 le lendemain. A l'inverse, il restera ouvert les jours de la semaine et les nuits du vendredi et du samedi.
     

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect