A Namur, un parking où l'air est moins pollué qu'en surface

Le parking du Beffroi à Namur. ©interparking

Interparking et la Ville de Namur ont inauguré ce mardi une nouvelle génération de parkings où l’air est moins pollué qu’en surface. Le lieu choisi: le parking du Beffroi, au centre de Namur. Quatre "poumons" qui filtrent les particules fines y purifient déjà l’air depuis des semaines.

Branle-bas de combat de bon matin sous la place d’Armes à Namur, au 1er sous-sol du parking Beffroi. Pour la circonstance, le Collège est descendu en force: le bourgmestre Maxime Prévot (cdH), flanqué des échevines de l’Urbanisme et de la Transition écologique, respectivement Stéphanie Scailquin et Charlotte Mouget. À leurs côtés, Roland Cracco, le patron du groupe Interparking, et celui de l’entreprise CO2 Logic, pionnière belge de la compensation carbone, Antoine Geerinckx, qui collabore depuis près de dix ans déjà avec Interparking.

Pour ce dernier, dont l’activité principale est de faire payer l’entreposage des voitures dans le sous-sol urbain, redorer son blason en devenant une des premières entreprises belges CO2 neutre était une évidence. Mais purifier directement l’air respiré par ses clients au quotidien est bien plus symbolique encore. "Merci à monsieur Cracco, avec lequel nous avons tissé une relation de confiance, d’avoir choisi Namur pour cette première belge, voire européenne", insiste Maxime Prévot, avant de rappeler que les parkings du Grognon et celui du futur Palais de Justice seront également gérés par Interparking. "Et celui des Casernes également", ajoute Roland Cracco, pas peu fier de lancer que l’air respiré dans ses sous-sols est désormais moins pollué qu’en surface.

©Eric Herchaft

Pour arriver à ce résultat avant de décliner rapidement le système, une fois certifié, ailleurs dans les sous-sols gérés par Interparking, quatre turbines filtrant l’air par ionisation (une par 100 places de parking en moyenne) ont été installées sous la place d’Armes il y a plusieurs mois déjà. Avant de présenter officiellement ce système innovant de réduction des particules fines et ultrafines, il fallait le tester grandeur nature et le faire certifier par un organisme indépendant. Cette étape a été confiée à CO2 Logic (Airscan.org) et à Vinçotte.

"Ces systèmes brevetés, baptisés 'poumons dans la ville', neutralisent jusqu’à 70% des particules, 40% des particules fines et 20% des particules ultrafines. Ces taux varient quotidiennement en fonction de différents facteurs intérieurs (trafic et humidité) et extérieurs (météo, concentration de particules fines à l’extérieur)", explique Antoine Geerinckx. "C’est une vétérinaire hollandaise, confrontée à des problèmes d’infections bactériennes dans les exploitations agricoles, qui a mis au point ce procédé avec des chercheurs de l’université de Delft. Et nous l’avons adapté à nos exploitations. Il pourrait d’ailleurs trouver prochainement des applications dans d’autres espaces ciblés à dépolluer", ajoute Roland Cracco, en exhibant le petit sachet hermétique de particules noires collectées au bout de deux mois d’ionisation.

"Ces systèmes brevetés, baptisés 'poumons dans la ville', neutralisent jusqu’à 70% des particules, 40% des particules fines et 20% des particules ultrafines."
Antoine Geerinckx
patron de CO2 Logic

Ce dernier a planifié bien sûr à moyen terme de décliner ces "poumons" artificiels un peu partout dans son réseau de parkings. Après Bruxelles (parkings 2 Portes, Grand-Place et Brabant-Gare du Nord), Anvers (Parking Roosevelt), Bruges et Gand, 930 sites en portefeuille répartis sur 395 autres villes européennes dans 9 pays (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, France, Espagne, Pologne, Autriche, Italie et Roumanie) sont au programme. Mais tout cela a un coût: "Chaque 'poumon' installé, hors phase d’expérimentation et de certification, coûte en moyenne entre 40.000 et 50.000 euros. Donc, vous pouvez calculer vous-même le montant de l’investissement global", sourit le patron, qui, au-delà de ses nouvelles priorités environnementales, doit rendre des comptes à ses actionnaires belge et canadien.

Histogramme des concentrations de PM2.5 au Parking Beffroi avant et après l’installation du système ENS ainsi que dans la ville (source: Airscan.org)

©Eric Herchaft

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