Carimat dépose le bilan, plus de 100 emplois menacés à Wauthier-Braine

©BELGA

Les mines sont graves ce matin sur le site de Carimat à Wauthier-Braine. Après l’annonce lundi du dépôt de bilan qui aura lieu officiellement ce mardi, l’heure est au bilan social avec plus de 100 emplois menacés.

Les travailleurs du groupe Carimat, convoqués au siège de la société à Wauthier-Braine (Braine-le-Château) lundi en fin d'après-midi, ont appris que la société de vente de matériaux de construction comptait déposer son bilan ce mardi au tribunal de l'entreprise du Brabant wallon.

Vendredi, ils avaient déjà appris qu'ils ne devaient pas reprendre le travail ce lundi, et qu'une réunion d'information aurait lieu à 17h. Lors de cette réunion, la fille du responsable leur a confirmé que la faillite de plusieurs sociétés du groupe, à part celle de Carimat Group, serait déclarée mardi.

"Dans cette société familiale, il y avait apparemment certains arrangements".
Philippe Lescot
Permanent régional CSC Transcom

Les travailleurs concernés, entre 100 et 200, sont sous le choc. Carimat est un groupe familial existant depuis 30 ans, et qui avait consenti d'importants investissements encore récemment. Pour rappel, la société avait levé un montant record, 1,5 million d’euros, via la plateforme de crowdlending Look&Fin en novembre 2018. Mais certains membres du personnel indiquent qu'il y avait des soucis depuis environ six mois, avec moins de matériaux arrivant dans les entrepôts et des arriérés de salaire que la direction tentait de résorber. Certaines sources citent également la multiplication des sociétés au sein du groupe comme l'une des raisons des ennuis ayant conduit au dépôt de bilan aujourd'hui. A noter que la société Carimat Beton et ses 30 employés, détenue à 85% par Heidelberg, n'est apparemment pas concernée par le dépot de bilan. 

"La société a annoncé sa faillite, mais n'a rien dit de plus: les travailleurs devraient recevoir un courrier demain. Ils sont en colère parce qu'ils ont beaucoup de questions et n'ont pas reçu de réponse. Dans cette société familiale, il y avait apparemment certains 'arrangements' et nous aussi, nous nous posons quelques questions", confiait à la sortie de la réunion le permanent régional CSC Transcom Philippe Lescot. La division du groupe Carimat en différentes unités était telle qu'aucune délégation syndicale n'a été installée au fil des années malgré la taille du groupe. 

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