analyse

Double déception pour le bilan trimestriel de CFE

Au premier trimestre, le chiffre d'affaires de Deme a chuté de 13%.

En baisse de 9%, les revenus dégagés par CFE au premier trimestre sont inférieurs aux attentes de KBC Securities tandis que sa dette nette grimpe. Le titre perdait 5% en matinée.

Pour le groupe CFE , actif à la fois dans la construction ("contracting"), l'immobilier et, via sa filiale Deme, dans le dragage et les installations offshore, le premier trimestre s’est traduit par une contraction de 9,2% de son chiffre d’affaires à 760,9 millions d’euros.

C’est surtout chez Deme, qui représente plus des deux tiers de l’activité de CFE, que le ralentissement s’est fait sentir avec une baisse de 12,9% à 534,9 millions d’euros, tandis qu’elle était limitée à 2,2% dans la construction. La filiale d’AvH  explique cette situation par les premiers effets de la pandémie de Covid-19.

Cette tendance se manifeste également au niveau du carnet de commandes de Deme, qui atteint 3,42 milliards d’euros contre 3,75 milliards fin 2019. Mais, précise la société, ce dernier ne prend pas encore en compte plusieurs commandes importantes qui ont été engrangées au cours du 2e trimestre.

Inférieur aux prévisions

Pour l’ensemble de 2020, Deme anticipe une baisse des revenus, le résultat net devant cependant être positif. Ce dernier devrait être proche de l’équilibre pour les activités "contracting".

75
euros
KBC Securities a réduit son objectif de cours sur CFE à 75 euros contre 82 euros avant. La recommandation reste à "accumuler".

Bart Cuypers de KBC Securities constate que, globalement, le chiffre d’affaires de CFE est inférieur à ses prévisions (780 millions d’euros). En raison de coûts additionnels liés à un accident grave impliquant le navire d’installation offshore Orion 1, des revenus en baisse chez Deme et d’un résultat à l'équilibre pour la construction, l’analyste a décidé de revoir ses estimations d’ebitda à la baisse pour 2020. Il a ajusté son objectif de cours en conséquence à 75 euros contre 82 euros avant, la recommandation restant à "accumuler".

Dette en hausse

"Nous nous attendons à devenir plus prudents sur 2021 dans la mesure où l'environnement pour les prises de commandes est plus difficile."
Luuk van Beek
Analyste chez Degroof Petercam

Tijs Hollestelle d’ING ("conserver"; 108 euros) s’inquiète, pour sa part, de la dette nette de CFE qui atteint désormais 850 millions d’euros contre 798 millions fin 2019, alors qu’il anticipait un chiffre de 765 millions. "Même si CFE précise qu’il prévoit des niveaux plus bas pour sa dette nette plus tard cette année, l’impact imprévisible du Covid-19 sur l’activité économique au second semestre signifie que la génération de cash-flow demeure incertaine."

Chez Degroof Petercam, Luuk van Beek ("acheter"; 95 euros), va également ajuster ses estimations, mais il prévoit que la contribution plus faible de Deme soit grosso modo contrebalancée par les meilleurs résultats des autres divisions. "Nous nous attendons à devenir plus prudents sur 2021 dans la mesure où l'environnement pour les prises de commandes est plus difficile, ce qui engendrera un retard dans la rentabilité."  

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