Eloy ne jure que par l'emploi local

Olivier, Pierre-Etienne et David Eloy seront bientôt coadministrateurs délégués du groupe au nom de la 3e génération. ©Debby Termonia

Au coude à coude avec Sipef pour emporter l’award des affaires familiales, le groupe wallon Eloy se distingue de ses concurrents constructeurs par son a priori en faveur des emplois et compétences de sa région.

Au sud-est de Liège, le groupe de construction et de traitement des eaux Eloy règne en employeur modèle sur Sprimont et les communes voisines. Le siège du groupe occupe une grande partie du zoning de Damré. Après avoir longé les bâtiments et les stocks de plusieurs de ses filiales, la route qui y mène se termine par un cul-de-sac: on sait alors qu’on est arrivé au cœur de l’entreprise. "Eloy, c’est Sprimont-Land", nous dit un visiteur impressionné par l’omniprésence du groupe dans le village.

82 millions €
Le groupe Eloy a réalisé un chiffre d’affaires de 82 millions l’an dernier et table sur 86 millions cette année.

Il a été fondé en 1965 par Robert Eloy. Selon la légende familiale, Robert en a eu assez de poser des carrelages, car les clients résidentiels arrivaient souvent en fin de budget au moment de le payer. Il s’est alors reconverti dans les travaux de terrassement, qui avaient l’avantage d’intervenir en début de chantier: on était sûr d’être payé!.. Aujourd’hui, l’entreprise restée à 100% dans les mains de la famille Eloy de deuxième et troisième générations réalise 82 millions d’euros de chiffre d’affaires, 9,6 millions d’excédent brut d’exploitation (2017) et emploie 380 personnes. Elle est une des deux finalistes de la compétition "Familly Business Awards for Excellence" organisée par le bureau conseil EY avec la collaboration de Mediafin (L’Echo et De Tijd). Elle dispute le titre à Sipef, une société cotée active dans les plantations. Le vainqueur sera désigné ce mercredi…

Le groupe Eloy est organisé en deux pôles, Construction (sociétés Eloy Travaux et Eloy Béton) et Traitement des eaux (Eloy Water). Le premier représente 65% du chiffre d’affaires et embrasse des activités aussi diverses que les travaux d’infrastructure, la construction de bâtiment, la dépollution et la déconstruction, sans oublier une centrale à béton. Le deuxième, de création plus récente (2005), conçoit, fabrique et distribue des stations d’épuration de petite et de moyenne tailles. Dans la construction, le groupe est surtout présent dans les provinces de Liège, Namur et Luxembourg et ne couvre pas le marché flamand. "On a choisi de concentrer nos sociétés et nos machines sur un seul site, à Sprimont", explique Olivier Eloy, tandis que Pierre-Etienne Eloy, qui représente comme lui et David la troisième génération de patrons, ajoute: "on veut avoir la maîtrise de la qualité, ce qui implique qu’on n’accepte que les chantiers relativement proches, à moins d’une heure et demie de route."

"Parfois compliqué"

Car le groupe investit d’abord dans le local: "C’est un élément qui nous différencie des concurrentssouligne Olivier: nous voulons travailler avec du personnel extrêmement local: la majorité de nos 380 collaborateurs proviennent de Sprimont et des communes limitrophes. Nous employons une main-d’œuvre locale, belge, et pas ‘exotique’, même si dans certaines compétences c’est parfois compliqué." 

Eloy
  • Fondé en 1965 par Robert Eloy, le groupe s’active dans deux pôles: construction et traitement des eaux. Le premier pèse 65% de son chiffre d’affaires, le deuxième le solde de 35%.
  • Dans la construction, le groupe opère dans les provinces de Liège, Namur et Luxembourg et travaille à 50% environ pour les pouvoirs publics. Dans le traitement des eaux, il exporte 70% de sa production.
  • Il emploie 380 personnes, dont une majorité recrutée à Sprimont et dans les communes voisines.
  • La deuxième génération est en train de passer la main à la troisième: ce sera fait d’ici fin 2019.

Dans ces secteurs, une telle option est plutôt rare. La difficulté consiste notamment à s’allier à des sous-traitants qui acceptent de se plier à ce principe. "Nous n’aimons pas ne pas maîtriser un métierdétaille David Eloy. Du coup, on internalise souvent des compétences en reprenant des activités jadis sous-traitées." C’est une des raisons pour lesquelles le groupe est aussi diversifié aujourd’hui.

Dans le traitement des eaux, la stratégie est différente. Ici, le groupe exporte 70% des stations qu’il fabrique. Direction, la France et ses territoires d’outre-mer, la Suède, la Nouvelle-Zélande et quelques pays d’Afrique. "Dans cette branche, le territoire de jeu est mondial, note Olivier. Il faut en revanche une imposition réglementaire, sinon les gens n’investissent pas dans l’épuration."

Louis Eloy, 62 ans, et son frère Pierre, 59 ans, ont succédé à leur père comme co-CEO du groupe. Ils ont décidé de passer la main à leurs trois fils d’ici le 31 décembre 2019. Pierre-Etienne, David et Olivier, qui ont entre 34 et 38 ans, hériteront alors du titre d’administrateur délégué, qu’ils se partageront à parité.  Sur le terrain, ils sont déjà à la direction de l’opérationnel, aux côtés de leurs deux pères. Pierre-Etienne dirige Eloy Travaux, Olivier gère Eloy Water tandis que David chapeaute le commercial au niveau du groupe. Dans un an, quand ils prendront les commandes, ils comptent ne pas tout chambouler mais "se servir de ce que nous ont enseigné nos parents": "On va juste intensifier ce sur quoi l’entreprise est assise: respect et qualité du travail." Et les résultats? "C’est important, bien sûr, mais on veut surtout travailler pour le futur et rester associé à l’image de qualité."

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