Etex lance outre-Manche le plus gros investissement de son histoire

©Stefaan Van Hul/concentra Media

Le groupe belge de matériaux va investir 160 millions d’euros dans la construction d’une usine dans le sud de l’Angleterre. Ce sera sa 114e unité de production et son plus gros investissement à ce jour.

Le groupe belge Etex va construire une nouvelle usine au Royaume-Uni qui constituera son plus gros investissement jamais réalisé. Cette entreprise familiale spécialisée dans les matériaux de construction a décidé de bâtir une nouvelle usine de plaques de plâtre à Portbury, près du port de Bristol dans le sud-ouest de l’Angleterre; elle va y consacrer une enveloppe de 140 millions de livres sterling, soit un peu plus de 160 millions d’euros.

Ce sera aussi le… 114e site de production d’Etex, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 2,9 milliards d’euros dans 42 pays. La nouvelle usine entrera en fonction en 2022. Sa production sera destinée à la construction et la rénovation d’habitations au Royaume-Uni. Ce pays est confronté depuis des années à une pénurie chronique de logements, ce qui "booste" la rénovation de maisons anciennes. Le phénomène stimule la demande pour les matériaux, dont les plaques de plâtre.

"Nous regardons le marché à dix ans"

"Notre nouvelle usine jouera un rôle clé."
Paul Van Oyen
CEO d'Etex

Etex est déjà implanté outre-Manche où il exploite deux usines, l’une près de Bristol, l’autre à Ferrybridge, dans le Yorkshire. Il sert le marché britannique au départ de ces deux unités, mais table sur une hausse sensible de la demande dans les années à venir. Il a donc besoin de davantage de capacités. L’unité de production qu’il a décidé d’ériger sera implantée à côté de celle existant, dans les environs de Bristol. En termes d’emplois, la future usine, qui sera fortement automatisée, ajoutera 50 postes aux 330 de sa voisine.

Reste que 160 millions, c’est une somme. Comment justifier un tel montant? "Nous aurions pu programmer plusieurs investissements progressifs, en construisant ligne par ligne, souligne Lionel Groetaers, le directeur de la communication d’Etex. Mais nous estimons que la demande sera telle, à l’avenir, que nous avons préféré investir en une fois." "La croissance de ce marché est continue, ajoute-t-il. Et Etex n’est pas cotée en Bourse; nous regardons le marché à dix ans, pas à trois ou six mois." Sur base annuelle, le groupe budgète environ 200 millions d’investissements.

Quant à la menace toujours possible d’un Brexit dur, elle ne risque pas d’impacter sensiblement le nouvel investissement. "Nous sommes sur un marché de production locale, destinée aux consommateurs locaux. L’impact serait donc très faible, voire inexistant." Le seul bémol qu’on pourrait mettre à cet optimisme est le fait que, depuis ses usines anglaises, Etex fournit aussi le marché irlandais. "Notre nouvelle usine de Bristol jouera un rôle clé dans le renforcement de notre position au Royaume-Uni, qui est le plus grand marché de plaques de plâtre d’Europe", déclare Paul Van Oyen, le CEO. Son groupe y distribue ses produits sous la marque Siniat. Il fait partie du trio de tête des producteurs du secteur.

Le choix du site s’explique par la proximité du port de Bristol qui la rendra aisément accessible. Elle sera bâtie en respectant les normes les plus élevées en matière d’environnement, de santé et de sécurité, précise le groupe qui a connu un passé douloureux lorsque, sous le nom d’Eternit, il avait utilisé l’amiante comme un de ses matériaux de base. L’unité recourra ainsi à un système de collecte des eaux de pluie, des technologies à haut rendement énergétique et utilisera du gypse recyclé. Elle fera partie de la division "Building Performance" du groupe. Celle-ci rassemble ses activités dans la construction à sec: panneaux en plâtre et en fibres ciment. Les trois autres divisions sont "Exteriors" (matériaux esthétiques), "Residential Roofing" (systèmes de toiture), "Industry" (protection incendie et produits d’isolation).

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