"L'image positive chez Deceuninck va changer radicalement"

Deceuninck aura beau pédaler pour maintenir la cadence. Selon KBC Securities, le groupe va être rattrapé par le Covid-19 et la livre turque. ©Photo News

KBC Securities reconnaît que les résultats trimestriels de Deceuninck sont supérieurs aux attentes mais il estime toutefois que cela va radicalement changer au 2e trimestre en raison de la pandémie et de la livre turque.

Deceuninck , le spécialiste belge des profilés en PVC et composites pour portes et fenêtres, a livré vendredi soir quelques chiffres portant sur ses activités du premier trimestre, chose qu’il ne faisait plus depuis quelque temps déjà.  Et à première vue, ils semblent solides malgré le contexte actuel de la pandémie de Covid-19.

Les revenus sont en effet en hausse de 5,7% à 153 millions d’euros alors, que de son côté, l’Ebitda double presque passant de 7,5 millions d’euros à 14 millions d’euros. "Cela est principalement dû à un fort développement des affaires dans toutes les régions et l’amélioration de l’environnement macro-économique en Turquie" a expliqué le groupe dans un communiqué. Il ajoute que les volumes sont restés solides hors Europe au cours du premier trimestre. Ils ont cependant commencé à décliner début avril.

Réouvertures

Des sites de production ont été temporairement fermés en Belgique, en France, au Royaume-Uni, en Croatie et en Russie tandis qu’aux Etats-Unis, Deceuninck a partiellement réduit sa voilure opérationnelle ce qui a impacté un tiers du personnel, soit 230 personnes.

"En dépit d’un début d’année plus costaud qu’attendu, nous restons très prudents pour le reste de l’année."
Wim Hoste
Analyste chez KBC Securities

Entre-temps, des usines en Belgique et en France ont été réouvertes en partie afin de répondre à la demande des clients.

Bien qu’il ne dispose pas d’estimation pour le premier trimestre, Wim Hoste de KBC Securities ("conserver"; 1,70 euro) estime qu’il est juste de dire que les résultats du premier trimestre sont meilleurs que prévu. Il rappelle, toutefois, que l’an dernier la filiale turque du groupe a été frappée durement par l’environnement local avec, pour les trois premiers mois de 2019, une dégringolade de 30% des ventes et de 60% de l’Ebitda. 

Grande prudence

Mais, pour l'analyste, la situation va changer radicalement au 2e trimestre à cause du Covid-19 mais aussi en raison de la faiblesse de la livre turque. "En dépit d’un début d’année plus costaud qu’attendu, nous restons très prudents pour le reste de l’année." Ses prévisions 2020, anticipent une baisse de 8,3% du chiffre d'affaires et une chute de 17% de l’Ebitda ajusté.

153 millions
euros
A l'issue des trois premiers mois de l'année, Deceuninck a enregistré une hausse de ses ventes de 5,7% à 153 millions d'euros.

Chez ING ("conserver"; 2 euros), on relativise également les chiffres dévoilés vendredi en regard d’un premier trimestre 2019 particulièrement faible en Turquie.

Les analystes rappellent que pour le premier semestre de l'an dernier, le chiffre d’affaires du groupe s’était contracté de 8,5% tandis que l’Ebitda chutait de 17%.

Revenant en 2020, ils estiment que les ventes du groupe ont décliné de 10% au mois de mars, la pandémie impactant le marché de la construction en Europe.

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