Lhoist marque un point face aux Trappistes de Rochefort

©Jef Boes

La société Lhoist vient de marquer un point dans le conflit larvé l'opposant aux Trappistes de Rochefort. Elle a obtenu le permis unique pour réaliser les tests préalables lui permettant de déplacer le captage de la source de Tridaine. L'objectif visé à terme est d’étendre l’exploitation de son site carrier de On-Jemelle.

Le groupe carrier Lhoist doit trouver rapidement une solution pour pouvoir étendre l'exploitation de son site d'extraction de On-Jemelle, dont la veine actuelle sera tarie à l'horizon 2022. La seule solution passe par la modification de l'approvisionnement en eau potable de la ville et de l'abbaye de Rochefort, qui s’oppose bec et ongles à toute modification de son captage historique.

A cette fin, Lhoist avait déposé en octobre dernier une nouvelle demande de permis pour effectuer un test de pompage des eaux souterraines alimentant l'abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy, sa brasserie et la ville de Rochefort (source de Tridaine), en s'appuyant sur une récente modification de la législation wallonne sur le permis unique (environnement et urbanisme conjoints). Or on apprend que l'entreprise vient d’obtenir ce mercredi, sous forme d’arrêté longuement motivé, le précieux sésame lui permettant de rentrer dans les clous constitutionnels. Parmi les confirmations techniques indispensables reçues de l’Administration wallonne dans l’Arrêté reçu ce jour figurent notamment l’isolement de la nappe aquifère concernée et le caractère réversible du test autorisé.

Et maintenant?

Pour la direction du groupe carrier belge, il s'agit maintenant de corriger à la hausse les volumes d'eau pompés et distribués en phase de test "grandeur nature" vers la ville et vers la brasserie. "Nous mettrons la barre quantitative suffisamment haut pour assurer un volume d'approvisionnement - fixé à 550.000 m³ - qui dépasse les besoins actuels (85% Ville/15% abbaye). Et nous répondrons, chiffres à l’appui, aux interrogations légitimes en matière de qualité formulées par le précédent ministre wallon de l’Environement, Philippe Henry", explique Jean Marbehant, vice-président Affaires publiques de Lhoist Europe, qui travaille sur ce dossier "éminemment émotionnel" depuis dix ans déjà.

Opérationnellement, cela devrait prendre plusieurs mois pour installer les tuyauteries et le pompage ne devrait pas débuter avant 2018.
Jean Marbehant
Vice-président Affaires publiques, Lhoist Europe

Ce dernier précise avoir également reçu des informations officielles positives – tant en quantité qu’en qualité - concernant des tests réalisés par les moines trappistes sur le puits de Neuville, considéré comme une alternative crédible pour approvisionner en eau l’abbaye et sa brasserie. "Ces tests, dont nous avons enfin les résultats explicites, sont non seulement positifs en matière de quantités d’eau captables, mais les teneurs en nitrates et en sulfates sont inférieures à celles enregistrées dans l'eau de Tridaine", confirme Jean Marbehant.

Interrogé sur le nouveau timing visé, celui-ci dit vouloir d’abord rencontrer les principaux intéressés, à savoir la Ville de Rochefort et l’abbaye, pour discuter ensemble des modalités de transfert des informations au fur et à mesure du monitoring effectué. "Ensuite, nous devrons planifier l’installation des infrastructures de pompage nécessaires. Opérationnellement, cela devrait prendre plusieurs mois pour installer les tuyauteries et creuser les puits et le pompage ne devrait pas débuter avant 2018. En outre, il y a des périodes durant lesquelles l’administration nous interdit d’agir pour des raisons environnementales (nidifcation et chauves-souris)", explique-t-il.

Recours encore possibles

Du côté de la Ville de Rochefort, on redit son souhait de défendre l’intérêt du plus grand nombre et de voir scrupuleusement respectée la procédure en cours tout en investiguant des sources d'approvisionnement en eau potable pérennes en quantité et en qualité.

Quant aux éventuels recours encore possibles du côté de l’abbaye, le premier peut être introduit dans les semaines à venir auprès du ministre régional de tutelle, Carlo Di Antonio, contre le nouveau permis unique. Ensuite, un recours auprès du Conseil d’Etat, tant en suspension qu’en annulation, est toujours envisageable.

Le bout du tunnel n’est donc peut-être pas encore pour demain sur le plateau du Gerny.

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