Besix forcée de revoir ses ambitions australiennes

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La société de construction Besix souhaitait devenir actionnaire majoritaire de Watpac. Les actionnaires de l'Australien en ont décidé autrement.

Fin février 2018, Besix annonçait vouloir devenir l'actionnaire majoritaire de la société australienne Watpac et en vouloir encore plus. Moins de 4 mois plus tard, Besix est forcé de faire marche arrière.

Dans un communiqué, la société de construction annonce "délibérer sur l'avenir de sa relation avec l'entrepreneur australien Watpac". En cause, le rejet par les autres actionnaires de Watpac de l'offre de Besix. "Bien qu’une majorité de près de 90 % des actionnaires de Watpac (en nombre) ait voté en faveur de l’offre, cette dernière n’a pas atteint le seuil d’approbation des actionnaires requis par la législation australienne. Elle a obtenu 67,24% des droits de vote alors qu'un seuil de 75 % est requis."

Besix, déjà présent au capital de l'Australien depuis 5 ans, détient actuellement 28,11% du capital. Son intention était d'acquérir 35,95% supplémentaires. Il avait ainsi proposé une offre à 0,92 dollar australien (0,60 euro) par action, soit une prime de 40% au cours moyen sur 3 mois.

Le comble, c’est qu’une majorité écrasante de près de 90% des actionnaires de Watpac (en nombre) ont voté en faveur de l’offre du groupe belge. Mais cela ne suffit pas pour atteindre le seuil requis par la législation australienne: 67,24% des droits de vote exercés étaient favorables alors qu'un seuil de 75 % est requis. En fait, un seul gestionnaire de fonds australien, qui représentent notamment d’importants fonds de pension étrangers, a voté contre. Mais à lui seul, il 'pèse' pas moins de 12 millions d’actions.

"Nous avons indiqué dès le début que nous pourrions modifier notre actionnariat substantiel dans Watpac si la proposition n’était pas acceptée", déclare aujourd'hui Rik Vandenberghe, CEO de Besix. L'heure est donc à la réflexion.

Le CEO regrette cette opposition, ajoutant que le "potentiel de Watpac est actuellement sous-utilisé". "Ensemble, nous aurions pu faire de Watpac une entreprise de premier plan, en renforçant son bilan, en améliorant ses compétences techniques et en diversifiant ses opérations. Notre participation minoritaire actuelle ne nous permet pas d’effectuer les modifications nécessaires."

"Vu les résultats – inattendus - de la réunion ("Scheme Meeting"), au cours de laquelle les actionnaires de Watpac n’ont pas accepté notre offre de prise de participation majoritaire dans l’entreprise, nous envisageons tous les scénarios. Mais nous allons prendre le temps de bien réfléchir pour savoir comment nous allons poursuive ou pas notre relation  avec l’entrepreneur Watpac qui, je le rappelle, est coté à la Bourse australienne", pose Rik Vandenberghe, le CEO de Besix Group, interrogé depuis l’Australie où il se trouve toujours pour l’instant.

Besix présice que Watpac, active dans la construction, le génie civil et l'exploitation, a, pour la quatrième fois en six exercices, enregistré en 2017 une perte statutaire de quelque 20,7 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 730 millions d'euros. L'exercice 2018 ne s'annonce pas davantage dans le vert.

Watpac emploie plus de 1.000 personnes en Australie.

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