Besix Group haut perché pour dévoiler ses résultats 2018

©BESIX

La récente acquisition de l’entreprise australienne Watpac explique en partie l’amplitude du bond réalisé sur un an, avec un carnet de commandes record.

Le premier groupe belge de construction aligne les records. Son chiffre d’affaires 2018 toise les 3,5 milliards d’euros et son carnet de commandes culmine à plus de 4,7 milliards. Si la récente acquisition de l’entreprise australienne Watpac explique en partie le bond réalisé sur un an, ce n’est pas l’unique raison de son amplitude.

Pour l’expliquer en détail, ils étaient trois, mercredi, commentant à tour de rôle les chiffres annuels du groupe qu’ils dirigent de concert: Johan Beerlandt, l’inoxydable président du conseil et actionnaire principal, le CEO Rik Vandenberghe et le grand argentier, Jan Gesquière. Pour l’occasion, ils étaient aussi haut perchés que les résultats affichés, sur le toit du projet bruxellois Cosmopolitan (ex-tour Assubel) actuellement en phase d’achèvement avec vue sur quartier Nord.

Les chiffres clés

Chiffre d’affaires 2018: 2,542 milliards € 

Dont 1,2 milliard d’euros (46,4%) rien que pour le marché belge.

Résultat net consolidé: 95,3 millions € 

Soit une marge, en léger tassement, qui ne dépasse pas la barre des 4% du chiffre d’affaires.

Carnet de commandes: 4,763 milliards € 

Il bondit littéralement cette année, en grande partie avec l’acquisition de la société australienne Watpac. Les chantiers de construction représentent deux tiers des commandes.

Johan Beerlandt ouvre le feu: "Cela fait deux ans que Rik a repris les commandes de l’entreprise et que je suis un jeune retraité actif, et j’en suis très content. Je peux pleinement profiter des profits qu’il m’assure." Puis il passe le relais à son CEO pour le détail des chiffres et des projets. Une heure plus tard, en aparté, le même chairman avouera que, lorsqu’il avait proposé à ses lieutenants pour lui succéder le "banquier" Vandenberghe, qui venait juste de quitter le poste de pilotage d’ING Belgium, nombre d’entre eux avaient mal digéré ce choix. "Ils m’ont demandé pourquoi j’optais pour un pur financier pour diriger un groupe qui compte quelque 15.000 personnes actives dans le secteur de la construction et de l’ingénierie. Aujourd’hui, ils se rendent compte que nous sommes complémentaires et que Rik, avec son esprit structuré et sa vision à 360 degrés, est un atout. Je pousse d’ailleurs tous les jours à faire autre chose que de bêtement empiler des briques les unes sur les autres!" confie-t-il.

Au moment de détailler "ses" premiers résultats, Rik Vandenberghe rend la pareille à son voisin et à ses directeurs généraux en les remerciant pour l’expertise industrielle unique acquise depuis 40 ans au sein du groupe belge. Avec l’art de la formule et du sponsoring bien amené, ajoutant que ce n’est pas parce qu’un groupe est issu d’un petit pays qu’il ne peut pas exceller dans son secteur au niveau mondial. "Un peu comme nos équipes nationales de foot et de hockey", place-t-il.

Un des premiers essais (quasi) réussi du nouveau CEO est sans doute l’acquisition – en deux temps – de la société australienne cotée en Bourse Watpac, qui gonfle potentiellement ses revenus de 800 millions d’euros et son carnet de commandes de près d’un milliard d’un coup. Il précise: "C’est le rachat le plus important jamais réalisé par Besix, qui en a finalisé une petite dizaine cette année. Il fallait donc ne pas se tromper, d’autant que cette entreprise perdait de l’argent et nous en faisait perdre. Lors de la conclusion de l’OPA l’an dernier – qui a fait baisser notre ratio de solvabilité (24%) , on a heureusement pu revendre les activités d’extraction minière (charbon, or, etc.), qui plombaient les comptes et qui ne correspondaient ni à notre core business ni à notre image. Depuis, on a délégué en Australie notre n°2 au Moyen-Orient, Jean-Pol Bouharmont, pour consolider cette tête de pont stratégique et diversifier les activités maison en les alignant sur celles du groupe."

Améliorer les marges

Si le nouveau patron peut se rassurer en regardant son carnet de commandes, le résultat net consolidé peine à dépasser la barre des 100 millions d’euros, bloqué exactement à 95,3 millions. Les marges, qui stagnent sous la barre des 4%, sont, comme pour toutes les entreprises générales du secteur de la construction, le talon d’Achille. À titre comparatif, le rendement de la filiale de développement, Besix RED, dépassait, lui, les 20% l’an dernier.

Volonté de spécialisation

Raison pour laquelle les patrons de Besix affichent de concert une volonté de spécialisation avec valeur ajoutée tous azimuts et sur tous les continents. On retiendra par exemple la création du laboratoire d’impression béton en 3D, inauguré la semaine prochaine à Dubai, ou l’accélérateur de start-ups lancé l’an dernier. Les secteurs de pointe les plus présents dans le carnet de commandes contracting, qui se taille la part du lion (plus de 90% du total), ont trait aux grands travaux complexes de génie civil (ponts, ports, tunnels, écluses), à l’énergie et à l’eau (barrages, désalinisation de l’eau de mer, centrales d’épuration, collecteurs géants d’eau de pluie, etc.).

À entendre l’alignement des chantiers remarquables – à Dubai, Doha, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Norvège ou en Egypte –, on est surpris de constater que le marché belge représente encore 46% des revenus du groupe et que l’activité bâtiment en assure encore 56%. Pour tout commentaire, Rik Vandenberghe indique ne pas être focalisé sur la croissance du chiffre d’affaires, mais sur l’audace et la recherche de solutions innovantes qui assurent la valeur ajoutée maison dans des secteurs d’activité de plus en plus étendus. Les récentes acquisitions de l’enseigne déco Flamant ou la prise de participations dans le nouveau groupe média LN24, aux couleurs très proches de celles de l’actionnaire principal, sont des exemples récents.

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