Bonne surprise chez Deceuninck mais la prudence reste de mise

©Lieven Van Assche

Fortement exposé à la Turquie, Deceuninck, dont l'action a perdu 40% en un an, a affiché des résultats semestriels supérieurs aux attentes. Mais les risques liés à la livre turque pèsent encore sur les perspectives du groupe.

Comme nous l’indiquions il y a quelques jours, les attentes n’étaient guère élevées pour les résultats semestriels que Deceuninck devait dévoiler vendredi dernier après la clôture des marchés. C’est que le producteur de systèmes en PVC pour les fenêtres et les portes est fortement exposé à la Turquie, pays qui constitue un moteur de croissance du groupe et dont la devise, la livre turque, a été lourdement mise sous pression dernièrement.

La méfiance envers Deceuninck, alimentée également par l’impact d’autres devises comme le dollar américain et par le prix élevé des matières premières, s’est traduite en Bourse par une perte de valeur de l’action de 40% en l’espace d’une année.

L'action Deceuninck au cours de ces cinq dernières années. ©L'Echo

Les actionnaires de Deceuninck ont pu pousser un petit "ouf" de soulagement à la lecture des chiffres semestriels. Dans les grandes lignes, ils sont, en effet, supérieurs aux estimations du marché avec un Ebitda ajusté en hausse de 10,4% à 36,1 millions là où le consensus des analystes tablait sur 33 millions. Petit bémol. Si le chiffre d’affaires est en ligne avec les attentes, le résultat net a, lui, bel et bien souffert de la livre turque et s’est contracté à 7,5 millions d’euros contre 8,2 millions d’euros un an plus tôt.

À souligner: les ventes dans la zone "Turquie et marchés émergents" ont enregistré une croissance de 6,3% à 107,9 millions pour un total de 341,5 millions d’euros (+0,8%) pour l’ensemble du groupe. Le cours de Bourse a réagi positivement, mais sans exagération à ces chiffres avec un gain de plus de 4% en début de séance.

Degroof Petercam réduit son objectif de cours

Au niveau de ses prévisions, Deceuninck est "resté vague", estime Nathalie Debruyne de Degroof Petercam. Le groupe mentionne notamment un possible ralentissement en Turquie au second semestre et un vent contraire persistant lié à la hausse des prix des matières premières et aux variations des taux de change défavorables.

"Deceuninck a réalisé un solide progrès pendant la première partie de l’année et a géré pour étendre ses marges malgré les obstacles que représentaient la devise et les matières premières", reconnaît l’analyste. Elle table désormais sur Rebitda annuel de 68,7 millions d’euros, soit une croissance de 3%, dans la mesure où le ralentissement en Turquie devrait peser sur la performance du deuxième semestre. Rappelons que la division "Turquie et marchés émergents" pèse pour environ 30% des revenus du groupe.

"Pour l’heure, nous restons prudents sur les incertitudes pesant sur le second semestre et nous maintenons notre recommandation à 'conserver'", conclut Nathalie Debruyne. En raison de la perte de valeur de certains concurrents, elle a décidé d’ajuster son objectif de cours à 2,7 euros contre 3,1 euros avant, reflétant une valorisation de 7 fois l’Ebitda estimé de 2019.

De son côté, Wim Hoste de KBC Securities souligne la performance meilleure qu’attendu du Rebitda semestriel grâce à des volumes supérieurs aux attentes et aux résultats des mesures visant les coûts. "Nous restons toutefois quelque peu inquiets sur l’impact potentiel de l’affaiblissement significatif récent de la livre turque et ses conséquences possibles sur l’économie turque au second semestre", temporise l'analyste. Il maintient sa recommandation sur la valeur à "conserver" et son objectif de cours à 2,80 euros.

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