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Caprices de Prince

Il y eut le piétonnier. L’ex-bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, s’y est brûlé les ailes dans la manière d'imposer au forceps une décision qualifiée de "bon vouloir du Prince".

Neo 2 semble repasser les plats, comme un énième caprice avorté d’enfant gâté. D’abord portée par Charles Picqué, l’ambition bruxelloise dans le secteur MICE  (acronyme anglais désignant l’activité hôtelière et touristique liée à des événements d’entreprises) a rapidement été reprise en bandoulière par le nouveau bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close. Neo 2, c’était sa préférence à lui. Ambitieuse, donc coûteuse, cette cocarde faisait, selon certains proches et moins proches, double emploi. Elle sera pourtant lancée à grands frais - 300 millions - sur le plateau du Heysel et largement financée par le biais d’un centre commercial toléré sur foncier public: un contrat gigogne géant négocié à coup de centaines de millions, dont une solide part serait rétrocédée à la Ville.

Pour emballer le tout, on a créé un machin au statut subtil: une scrl pilotée par des proches, qui réaliserait pour compte du prince public en place son rêve mégalo, griffé par Jean Nouvel sur sa marche frontalière.

Tout cela fut ficelé en s’asseyant poliment sur certaines parties prenantes, peu ou prou lésées. Et si un cadre légal était cornaqué, un autre sortait du chapeau, taillé sur mesure, tel le Plan d’aménagement directeur du Heysel.

C’était alors sans compter sur la conjoncture internationale, aujourd’hui humainement meurtrière et économiquement plombée. Sans compter non plus sur la résilience des bailleurs privés à la solvabilité écornée, lassés de se voir menés à hue et à dia.

Aujourd’hui, ces acteurs privés fragilisés en appellent à un sursaut salutaire des décideurs pour qu’ils retrouvent la raison et l’imposent à leurs cours et exécutants.

Il en va de l’ambition nationale de Bruxelles, avant même de prétendre rayonner à l’international.

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