Deceuninck a perdu 40% de sa valeur en un an

©Lieven Van Assche

Malgré un message apaisant du CEO, les actionnaires craignent que la crise actuelle ne grippe le moteur crucial de croissance que représente la Turquie pour Deceuninck.

L’action Deceuninck a encore reculé de 4% lundi à 2,11 euros et a déjà perdu 30% de sa valeur depuis le début de l’année. Par rapport au mois d’août de l’an dernier, la chute atteint même les 40%.

Le producteur de systèmes en PVC pour les fenêtres et les portes a bien tenté, la semaine dernière, par la voix de son CEO, Francis Van Eeckhout, (lire ici son interview dans De Tijd) de minimiser l’impact de la crise turque sur le carnet de commandes mais cela n’a, semble-t-il, pas rassuré les investisseurs.

Ce qui est compréhensible. La Turquie est cruciale pour les perspectives de croissance du groupe. La division "Turquie et marchés émergents" -dans laquelle la Turquie se taille la part du lion- représentait en 2017 32% du chiffre d’affaires. En outre, cette division affichait l’an dernier une marge bénéficiaire de 14% soit une rentabilité plus de deux fois supérieure à celle des pôles Europe occidentale (6,5%) et Europe centrale (4%).

Ce vendredi, Deceuninck publiera, après Bourse, ses résultats pour le premier semestre. Dire que les attentes ne sont pas très élevées relève de l'euphémisme. Dans une note publiée au début de ce mois, KBC a listé les facteurs qui pèseront sur les chiffres.

Taux de change

En premier lieu, les taux de change affecteront lourdement les résultats. Il s'agit des turbulences qui ont affecté la livre turque déjà au cours du premier semestre mais aussi l’impact du dollar américain et du réal brésilien. "Nous nous attendons à ce que le chiffre d’affaires semestriel ne progresse que de 0,7% à 341 millions d’euros" avançait Wim Hoste analyste chez KBC Securities. "Cela s’explique par le fait que les taux de change négatifs (-8,6%) amputeront une très large partie de la croissance organique que nous anticipons (+9,3%)".

PVC et informatique

S’ajoute à cela le prix élevé du PVC, une matière première importante pour le groupe. "Depuis le début de l’année, le prix du PVC est en moyenne 4% plus cher qu’il y a un an" soulignait Wim Hoste dans sa note. "Compte tenu de cela, des taux de change et des coûts du déploiement du nouveau système informatique SAP, nous tablons sur une baisse de l’Ebitda récurrent de 5% à 31 millions d’euros" concluait-il.

L’analyste conseille de conserver le titre et a fixé un objectif de cours de 2,80 euros.

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