Doosan veut quitter la Belgique

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Le fabricant sud-coréen d’engins de génie civil Doosan entend fermer son siège de Waterloo pour le délocaliser à Prague. Quelque 150 postes seraient menacés.

Le fabricant sud-coréen d’engins de génie civil Doosan entend fermer son siège de Waterloo pour le délocaliser à Prague, a-t-on appris à bonne source. Quelque 150 postes – employés et cadres – sont menacés, sans compter de très probables répercussions pour une filiale en Région flamande. Personne n’a pu être joint mardi au siège de l’entreprise pour commenter cette information.

Le déménagement du QG de Doosan vers la Tchéquie, qui n’a pas encore été officialisé, signifierait l’arrêt de toute présence du conglomérat sud-coréen en Belgique. Le groupe, qui a procédé à un grand nombre d’acquisitions ces quinze dernières années pour s’étendre à l’étranger – notamment l’américain Bobcat et la division matériel de construction de son compatriote Daewoo –, avait démantelé début 2015 son usine de Frameries, faisant passer 313 emplois à la trappe.

Doosan avait déjà démantelé début 2015 son usine de Frameries, faisant passer 313 emplois à la trappe.

Une fermeture qui avait été très mal ressentie dans la région. À l’époque, la direction avait fait valoir que le site de Frameries, qui fabriquait des pelleteuses hydrauliques et distribuait des pièces détachées, n’était ni rentable ni compétitif. Un argument contesté par les syndicats, qui estimaient que le groupe entendait privilégier ses usines en Corée.

La délocalisation du site de Waterloo vers la Tchéquie, où Doosan possède une unité de production, aura sans doute des conséquences pour une autre société du groupe, à Puurs, qui distribue les engins de la marque Bobcat, spécialisée dans les équipements compacts. Ces activités logistiques devraient être relocalisées en Allemagne. Une cinquantaine d’emplois sont en jeu.

Doosan, qui emploie environ 2.000 personnes en Europe, possède également une usine Bobcat à Pontchâteau (France). Le groupe a fermé récemment un site irlandais qui fabriquait des godets de pelleteuses de la marque Geith.

Un secteur en crise

Cette prochaine fermeture pose à nouveau la question de l’attractivité de la Belgique, où les coûts de production restent plus élevés que dans d’autres pays européens. Un handicap qui peut être compensé lorsqu’il s’agit de haute technologie, comme dans les secteurs des biotechnologies ou de l’aérospatial, mais qui s’avère souvent mortel pour des produits moins évolués. Qui plus est, le marché mondial des engins de terrassement et de matériel minier ne se porte pas bien.

Le constructeur américain Caterpillar a ainsi réalisé une lourde restructuration début 2013 au sein de son usine de Gosselies (Charleroi), supprimant quelque 1.400 emplois. Caterpillar va se séparer à l’international de 10.000 emplois d’ici 2018, après avoir déjà licencié 30.000 travailleurs depuis 2013. En Belgique, la Commission européenne vient de proposer 1,8 million d’euros au titre du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs belges licenciés de Doosan, de Caterpillar et de Carwall, trois entreprises qui travaillent sur le même segment.

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