Elle s'enfonce dans le rouge, mais c'est la star du jour en bourse

Deceuninck a affiché des résultats semestriels largement supérieurs aux estimations. © Lieven Van Assche

Certes, Deceuninck a vu sa perte se gonfler de 180% au premier semestre. Mais face à la crise, elle a démontré sa résilience et a positivement surpris le marché.

C’est un "charme" ou un mystère de la bourse: son apparente contradiction. Une société comme Deceuninck annonce ce matin que sa perte semestrielle est presque triplée à 3,4 millions d’euros et son action grimpe de 8% à 1,49 euro.

De mystère, il n’en est point, en fait. Car le marché réagit par rapport aux anticipations, aux estimations des spécialistes.

De mystère, il n’en est point, en fait. Car le marché réagit par rapport aux anticipations, aux estimations des spécialistes. Et si le compte de résultat est en berne, mais de façon moins prononcée que craint, le titre prend de la hauteur.

C’est le cas de Deceuninck aujourd’hui qui, en pleine crise sanitaire, a su démontrer une certaine résilience . Ses principaux chiffres-clés s’affichent en recul mais restent largement supérieurs aux attentes.

Le consensus battu

Prenons l’Ebitda, par exemple. Il a baissé de 7,8% à 27,8 millions d’euros au cours du premier semestre alors que, dans le même temps, le chiffre d’affaires se contractait de 7,4% à 289,2 millions d’euros. Wim Hoste de KBC Securities tablait sur une baisse de 18% de cet Ebitda et le consensus des analystes sur une chute de 28%. Au cours du premier trimestre, il a presque doublé et a chuté de 39% au cours du suivant.

Idem pour les ventes de ce producteur de profilés en PVC et composites pour fenêtres et portes pour lesquelles le marché voyait un recul de 13%.

Malgré cette résistance, Deceuninck a vu sa perte se gonfler de 182% à 3,4 millions d’euros, un niveau toutefois nettement moins catastrophique qu’anticipé par le marché (8,6 millions). Des dépréciations à hauteur de 20,5 millions et une perte financière de 9,3 millions expliquent l’ampleur de la perte.

Conseil d'achat

Kris Kippers de Degroof Petercam souligne que, malgré la crise, Deceuninck a réussi a battre le consensus de manière significative, ce qui démontre la capacité de la direction de répondre avec rapidité aux changements et prouve également que les investissements antérieurs commencent progressivement à porter leurs fruits.

1,8
euro
Degroof Petercam a majoré de 40 centimes son objectif de cours sur Deceuninck pour le porter à 1,8 euro.

L’analyste estime qu’après le déclin significatif de l’action depuis février (le titre a perdu 30% environ cette année, NDLR) le potentiel est davantage orienté vers la hausse. Son objectif de cours passe dès lors à 1,8 euro (+ 40 centimes) avec un conseil d’achat contre "conserver" avant.

Wim Hoste de KBC Securities ("conserver" ; 1,70 euro) se montre plus prudent. Il salue les chiffres et les efforts réalisés au niveau des coûts, mais souligne que l’entreprise continue d’évoluer dans un secteur cyclique et concurrentiel avec des incertitudes notables à court terme au niveau macro-économique et des devises.  

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