Etex veut être "mieux connu du grand public"

Le patron d'Etex joue l'ouverture. C'est dans ce but que Fons Peeters, son CEO depuis 1,5 an, reçoit quelques journalistes, ce mardi matin, dans la grande bâtisse de l'avenue de Tervuren, quartier général du groupe de matériaux de construction.

Le patron d'Etex joue l'ouverture. C'est dans ce but que Fons Peeters, son CEO depuis 1,5 an, reçoit quelques journalistes, ce mardi matin, dans la grande bâtisse de l'avenue de Tervuren, quartier général du groupe de matériaux de construction. Un exercice inhabituel pour cette entreprise familiale belge qui existe depuis plus de 100 ans mais qui reste peu connue du grand public.

Le holding Etex peut se targuer de quelques solides opérations. La dernière en date lui a coûté 900 millions d'euros et l'a propulsée parmi les acteurs les plus importants au niveau mondial.

Reste son passé dans l'amiante, via sa participation dans Eternit, qu'il continue à assumer...

Pourquoi ce besoin de vous exprimer?

Je pense qu'il est important de parler des sociétés belges quand elles tournent bien. Nous sommes un groupe familial qui s'exprime peu. Etex n'a jamais fait attention à mettre en avant son image. Mais aujourd'hui, vu la taille du groupe et le besoin de nouveaux talents, nous voulons être mieux connus.

Cette discrétion s'explique-t-elle par votre passé dans l'amiante via votre ancienne filiale Eternit?

Nous gérons ce passé depuis de nombreuses années et nous prenons nos responsabilités dans les 25 pays où une filiale du groupe a utilisé de l'amiante.

Vous avez été condamné en Italie...

Etex avait une minorité de 20% dans cette société. Nous ne comprenons pas ce jugement et avons décidé d'aller en appel. Nous avons malgré tout provisionné 28 millions d'euros dans notre bilan 2011.

C'est la division "plâtre" de Lafarge qui change la donne aujourd'hui?

Notamment, mais il y a aussi nos derniers investissements en Pologne et en Colombie. Il n'y a pas beaucoup de groupes belges qui réalisent un chiffre d'affaires de plus de 3 milliards d'euros. Ce rachat à Lafarge n'est pas notre première acquisition mais, ici, le chiffre d'affaires est passé de 2 à 3 milliards d'euros. Nous sommes devenus leader dans le plâtre au niveau mondial et rivalisons avec des grands joueurs comme l'Allemand Knauf ou le Français Saint-Gobain. Nous sommes implantés dans 44 pays et employons 17.000 personnes.

Votre groupe mise beaucoup sur les marchés émergents?

Oui, ces régions sont profitables pour nous. Cela fait de nombreuses années que nous préparons, par exemple, notre arrivée en Colombie. Cela commence en important des produits. Dans un deuxième temps, c'est une usine que nous construisons. Nous venons d'injecter 42 millions d'euros dans une unité de dalles en céramique et sommes de facto leader sur ce marché. En Pologne, 65 millions d'euros ont été investis pour une usine de tuiles en terre cuite. Elle vient d'ouvrir. La demande est là. Nous avons créé le marché en y important, dans un premier temps, le produit. Il était temps d'avoir une usine.

Quel budget prévoyez-vous pour vos investissements?

Entre 150 et 200 millions d'euros par an à travers le monde. Le financement se fait via les banques. Il n'est pas question d'aller en Bourse.

La crise est donc terminée pour vous?

Oui, la croissance est là et la crise est terminée. Nous réinvestissons plus. Nous sommes dans un grand nombre de pays où la croissance est importante! La crise en Europe de l'ouest est ainsi compensée par notre profil mondial. Le coût de l'énergie est également un facteur de croissance. Les gens continuent à rénover leur habitation pour économiser les dépenses en énergie. La rénovation continue. Je ne dis pas qu'on ne sent pas la crise. Mais elle se gère avec nos pays émergents. Au premier semestre, nous avons enregistré une croissance de 5%.

Au niveau financier, qu'elle est la priorité du groupe?

Réduire sa dette qui est de 1,06 milliard d'euros à la fin 2011, pour un Ebitda de 395 millions. Nous voulons arriver à un ratio de 1,5 par rapport à l’Ebitda au lieu du ratio actuel de 2,6.

Une opération de refinancement va être également lancée par les banques sur leur crédit, via une obligation, pour un montant de 450 millions d'euros.

Vous insistez aussi sur vos racines belges...

C'est vrai, le quartier général est ici à Bruxelles. Tout se fait depuis nos bureaux de Bruxelles. D'un portefeuille de sociétés gérées depuis Bruxelles, nous nous profilons de plus en plus comme un groupe centralisé avec un centre de recherche en Belgique et un autre en France. C'est un grand changement. Par le passé, un chef d'usine devait rapporter à un groupe financier. Maintenant, il doit parler avec ses collègues au niveau mondial. Cela accélère l'innovation.

Nous sommes en Belgique depuis 100 ans et nous n'avons pas l'intention de déménager notre siège même si cela coûte plus cher à nos actionnaires. Évidemment, nous souhaitons que les charges sociales diminuent mais ce n'est pas une raison pour déménager.

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