interview

"Je veux diversifier nos activités et pérenniser l'identité belge de Besix"

Johan Beerlandt ©Sofie Van Hoof

Johan Beerlandt, CEO sortant de Besix Group, devient président du conseil d'administration du groupe de construction. Il est remplacé par Rik Vandenberghe, qui quitte la direction d'ING.

On savait Johan Beerlandt et ses associés aux aguets depuis un an pour trouver la perle rare censée prendre la place du CEO actuel, à la personnalité bien trempée. On sait depuis hier qu’actionnaires et conseil d’administration se sont mis d’accord pour désigner à ce poste Rik Vandenberghe, dont les derniers mois à la tête d’ING Belgium n’ont pas été de tout repos et ont passablement écorné l’image. Ce dernier restera à la tête du groupe bancaire jusque fin février. Après un mois de copilotage, Johan Beerlandt lui cédera la place tout en restant conseiller-accompagnateur, président du C.A. et, last but not least, représentant direct de 50% de l’actionnariat (dont il détient à lui seul la moitié), les autres 50% appartenant à son partenaire actionnaire d’origine éqyptienne Nassef Sawiris (OCI). Nous lui avons posé quatre questions pour comprendre ce choix, passablement inattendu pour le sérail immobilier vu le profil très financier du nouveau CEO.

Quel est l’objectif poursuivi par ce choix pour le moins atypique, vu le segment de marché dans lequel Besix jouit d’une position de leader, tant en Belgique qu’à l’international ?
J’ai pu, de longue date, me frotter à Rik Vandenberghe et éprouver les qualités de l’homme. Par ailleurs, je connais mes qualités et mes faiblesses. Je suis ingénieur civil de formation et je gère ce groupe depuis des décennies avec mes tripes, mes intuitions ; je suis un dirigeant émotionnel… et parfois imprévisible ou peu ordonné dans ses méthodes. Rik apportera davantage de structure, d’ordre et relationnel dans un groupe que nous voulons voir diversifier ses activités et grandir par croissance organique sur ses segments de marché actuels. Avec lui, la multidisciplinarité sera le maître-mot.

Vous avez un modèle en tête, pour ceux qui lient Besix à la promotion et la construction immobilières pures et dures?
Tout d’abord, nous sommes déjà actifs sur d’autres segments de marché depuis quelques temps : l’hôtellerie, l’eau, etc. Ainsi, spontanément, je dirais Bouygues, qui a pu rapidement diversifier de manière significative et opportuniste les activités de son pôle construction tout en assurant la croissance de ses activités ‘core’. Je suis d’ailleurs rassuré de transmettre le flambeau après avoir pu rapidement corriger le tir 2015, décevant sur certains marchés étrangers plombés par la conjoncture internationale, et clôturer 2016 avec un résultat record et un carnet de commandes prometteur

Vous dites avoir pu vérifier les compétences du nouveau CEO depuis longtemps déjà. Pouvez-vous en dire davantage?
J’ai rencontré Rik il y a plus de dix ans. Il a suivi notre entreprise tout d’abord en tant que conseiller stratégique à l’époque de l’opération de rachat (Management buy-Out) par le top management, puis comme partenaire financier pour plusieurs de nos projets en tant que CEO de ING Belgium. Il a donc selon moi démontré un intérêt sincère pour nos activités et notre industrie et il a su prendre des décisions stratégiques et lourdes – comme nous octroyer un prêt de 110 millions d’euros (sur les 135 payés) pour finaliser en 2008 le MBO – alors sous le contrôle de Luc Vandewalle.

On associe aujourd’hui Besix à Beerlandt. Et certains, dans le monde immobilier, redoutent votre départ, aujourd’hui davantage concrétisé. Que leur répondez-vous?
Il est clair que, même si je me décharge d’une part importante des décisions et des tâches quotidiennes, je reste clairement à bord, en tant que représentant des actionnaires belges. Et si ma santé le permet et que la tête reste entière, je compte bien rester à bord plus de dix ans encore. A terme, mon objectif est clair: je veux que Besix garde son ancrage et son identité belges. Et ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas un slogan.

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