La PME wallonne Degotte Units va s'offrir une usine à 7 millions

Vincent Parmentier (à gauche) et Marc Beyens se sentent à l'étroit dans leurs ateliers des Hauts-Sarts: il leur faut une usine plus vaste.

Le premier constructeur wallon d’espaces de vie à destination des écoles, des hôpitaux ou des entreprises a très bien passé la crise et suit un plan ambitieux, qui doit le mener aux 30 millions en dix ans.

Degotte Units fait partie de ces PME industrielles wallonnes qui progressent dans leur coin. Sans faire de bruit. Et qui mériteraient d’être mieux connues... Alors qu’elle avait deux métiers à l’origine, la commercialisation de caravanes et la fabrication de constructions modulaires, le holding Geslease qui l’a rachetée à la famille Degotte il y a cinq ans l’a recentrée sur le modulaire. Avec succès. En cinq ans, le chiffre d’affaires est passé de 2,5 à 10 millions d’euros et le nombre d’espaces de vie donnés en location de 200 à 600. 

Elle fabrique ou réaménage aujourd’hui 350 modules par an dans ses ateliers des Hauts-Sarts, à Herstal, avec un staff de 35 personnes. Mais, croissance oblige, ses dirigeants sont à la recherche d’un terrain de 7 à 8 hectares, pour y ériger une nouvelle usine. Un projet qui coûtera 7 à 8 millions d’euros, et qui permettra d’augmenter ses capacités. Avec d'importantes économies d’échelle à la clé.

" Il y a différents segments dans le marché de la construction modulaire, explique l’administrateur délégué Vincent Parmentier. Nous faisons du modulaire architecturé, pas des containers pour chantiers. Nous proposons un véritable système constructif, selon un procédé d’assemblage en trois dimensions en nos ateliers. " Du sur mesure et du haut de gamme, composé de structures en métal, de plancher en béton et de cloisons de bois. Les principaux clients se recrutent parmi les écoles, les hôpitaux, les maisons de repos, les logements sociaux et les entreprises.

Au service de Fedasil et des maisons de repos

Et durant la crise pandémique, la PME n’a pas chômé. " Nous nous sommes mis à la disposition des besoins de la société, souligne Parmentier. Nous avons fabriqué des sas et des modules d’accueil pour des maisons de repos et répondu aux demandes d’hôpitaux pour des espaces supplémentaires. " Le dirigeant oublie de dire que son entreprise a aussi travaillé pour le compte de Fedasil: l’agence pour l’accueil des demandeurs d’asile lui a commandé en urgence une vingtaine de modules pour héberger, sur quatre sites différents, des réfugiés atteints du Covid-19. Un contrat honoré en une semaine…

"Durant la crise, nous avons fabriqué des sas et des modules d’accueil pour des maisons de repos et répondu aux demandes d’hôpitaux pour des espaces supplémentaires."
Vincent Parmentier
Administrateur délégué, Degotte Units

C’est un des avantages de sa production: la rapidité. Comme 95% des modules sont fabriqués en atelier, l’entreprise ne dépend pas de la météo. Les 5 autres pourcent réalisés à l'extérieur concernent les connexions et les fondations. Les autres atouts du modulaire sont leur prix, les possibilités d’extension ou d’adaptation ultérieures, le fait qu’ils sont et restent transportables et leur recyclabilité. Car si Degotte loue une partie de ses modules (30% de son chiffre d’affaires), cela implique qu’elle les reprend ensuite: pour les réaménager, les réaffecter à d’autres besoins ou, quand une réutilisation n’est plus possible, pour les démonter et récupérer les matériaux.

"Si nous avons investi dans Degotte Units, c’est parce que nous sommes persuadés qu’il y a une belle niche à exploiter dans le marché du modulaire de qualité, relève Marc Beyens, cofondateur de Geslease qui détient 99% du capital de la PME. Actuellement, le modulaire fait 2% du marché de la construction en Belgique, contre 20% dans les pays les plus avancés. "

A nouvelle usine, nouveaux moyens

Au vu de la croissance réalisée depuis le rachat, les actionnaires sont confiants pour les dix ans à venir. Ils tablent sur un chiffre d’affaires de 30 millions et un effectif de cent personnes d’ici 2030. Pour y arriver, l’entreprise doit porter son parc de modules à louer de 600 à 2.000 unités et hausser son rythme de production à 1.000 modules par an.

Dans cette optique, la construction de la nouvelle usine est indispensable. Si la recherche du terrain est bientôt couronnée de succès, la direction prévoit qu'elle sera opérationnelle d’ici fin 2023.

"On a passé la crise de façon harmonieuse, on a un bon niveau de cash et d’endettement, on ne sera donc pas freiné dans notre processus de croissance."
Marc Beyens
Administrateur délégué, Geslease

On comprend que Geslease songe à renforcer ses fonds propres. Outre l’usine future, il faudra aussi financer la croissance du parc de modules. La PME génère un cash-flow libre qualifié de confortable (bénéfice avant impôt de quelque 800.000 euros) et ne distribue pas de dividende.

" On a passé la crise de façon harmonieuse, on a un bon niveau de cash et d’endettement, on ne sera donc pas freiné dans notre processus de croissance ", détaille Marc Beyens. Des discussions sont engagées avec des invests et des investisseurs privés, en vue d’une augmentation de capital de 1 à 1,5 million, étant entendu que Geslease conservera une part majoritaire. Du côté des invests, comme on est à Liège, on songe évidemment à Noshaq. " Il y a aussi Investsud ", réagit Beyens. " Et bien d’autres possibilités. " A suivre…  

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