Le patron de LafargeHolcim renonce, rattrapé par une affaire en Syrie

Le directeur général de LafargeHolcim, Eric Olsen, lors de la présentation des résultats annuels 2016 du groupe, le 2 mars 2017. ©REUTERS

Le groupe cimentier annonce le départ de son directeur général pour le 15 juillet; départ qui est la conséquence d'une affaire de financement de groupes armés en Syrie via une ancienne cimenterie.

La rumeur circulait ce week-end, LafargeHolcim a confirmé le départ le 15 juillet prochain de son CEO, Eric Olsen. Cette décision fait suite à une enquête interne sur les activités d'une ancienne cimenterie en Syrie soupçonnée d'avoir financé des groupes armés.

Eric Olsen a présenté sa démission au conseil d'administration qui l'a acceptée. Le conseil a cependant "conclu qu'Eric Olsen n'était ni responsable ni pouvant être considéré comme informé des actes répréhensibles identifiés dans le cadre de cette enquête".

"Ma décision est guidée par la conviction qu'elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie", a indiqué Eric
Olsen dans un communiqué.

LafargeHolcim a précisé que la recherche d'un successeur à Eric Olsen serait lancée immédiatement et que Beat Hess, président du conseil d'administration, superviserait la période
de transition jusqu'à la nomination d'un nouveau directeur général. A partir du 15 juillet et après le départ d'Eric Olsen, Beat Hess deviendra directeur général par intérim et Roland Köhler, actuellement membre du comité exécutif de LafargeHolcim chargé de l'Europe, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande ainsi que de l'activité de Trading, sera nommé "Chief Operating Officer".

Eric Olsen, patron de LafargeHolcim, en avril 2015. ©EPA

Le cimentier a annoncé en mars qu'une enquête interne avait révélé que sa cimenterie en Syrie avait contribué au financement de groupes armés dans ce pays en guerre. Cette ancienne cimenterie de Lafarge à Jalabiya avait conclu des arrangements avec certains groupes armés et des parties visées par des sanctions en 2013 jusqu'à ce que l'usine soit évacuée en septembre 2014, avait alors précisé le premier cimentier mondial.

Le groupe a fait savoir dans un autre communiqué que son conseil avait clos l'enquête. Il a confirmé "que certaines mesures prises en vue de permettre à l'usine syrienne de poursuivre un fonctionnement sûr étaient inacceptables et que des erreurs de jugement significatives, contrevenant au code de conduite alors en vigueur, avaient été commises".

"Les résultats de l'enquête confirment également que, bien que ces mesures aient été prises à l'initiative la direction locale et régionale, certains membres de la direction du groupe
ont eu connaissance de situations indiquant des violations du code de conduite des affaires de Lafarge", a ajouté le groupe.
Le groupe a également confirmé des mesures correctives annoncées début mars, notamment "l'adoption d'une procédure plus rigoureuse d'évaluation des tiers à haut risque, l'instauration d'un programme de dépistage des tiers à risques et d'un nouveau programme de contrôle autour des sanctions et des exportations".

©AFP

L'ONG française Sherpa a déposé en novembre une plainte avec constitution civile car elle soupçonne cette cimenterie d'avoir pu contribuer au financement du terrorisme en entretenant des relations commerciales avec le groupe Etat islamique.

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