portrait

Le pragmatisme dans l'ADN

"On ne parle pas d’une explosion nucléaire ici. […] Nous avons seulement repris une autre société."

La déclaration de Dirk Cordeel, CEO du groupe familial du même nom, faite à nos collègues du "Tijd" ce jeudi contraste avec la réalité de l’opération qu’il vient de signer.

Son groupe a en effet surpris tout le monde de la construction du plat pays. Le groupe familial Cordeel a repris Imtech Belgium, filiale du groupe néerlandais Imtech déclarée en faillite le 13 août dernier à Rotterdam. D’un seul coup, ce sont 800 personnes qui rejoignent la société basée à Temse (Saint-Nicolas), de quoi presque doubler les effectifs et faire passer son chiffre d’affaires de 440 à 580 millions d’euros.

Ce faisant, la société Cordeel se rapproche de l’autre grand groupe de construction familial du pays, le groupe Willemen qui compte 2.000 employés et totalise 680 millions de chiffre d’affaires. Un groupe notamment connu en Wallonie pour avoir repris la société Franki en 1998.

De tous les combats

Mais finalement, le pari commercial ne surprend pas tellement ceux qui connaissent Dirk Cordeel.

  • Actif dans l’entreprise depuis 1953, Dirk Cordeel a pris en 1979 avec son frère Marc les commandes du groupe familial.
  • Président de la Confédération flamande de la construction, il a aussi été président de la Confédération construction belge et de fédération sectorielle européenne, la Fiec.
  • Il gère aujourd’hui la société avec son neveu, Filip Cordeel.

"Son succès est assez incroyable", nous dit-on dans le secteur. Cordeel est en effet devenu au fil des ans un acteur incontournable du milieu. Il a été au cours des ans président de la Confédération construction flamande, belge et européenne. Depuis plus de 20 ans, c’est aussi lui qui est le porte-parole national du secteur à la commission paritaire. Dans ce rôle, "il a su construire une relation de sérieux et de fiabilité. Dans la concertation sociale, il faut qu’il y ait un minimum de confiance mutuelle et du respect entre les personnes pour que ça puisse fonctionner", témoigne Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Récemment, il a par exemple dû mener toutes les discussions clés pour le secteur sur l’harmonisation du statut ouvrier/employé dans un secteur intensif en main-d’œuvre. Il y a 10 ans, il a dû gérer le difficile bras de fer sur l’introduction de l’intérim dans le secteur. "Nous sommes un secteur où syndicats et patrons cherchent encore des solutions entre eux. Après plus de 20 années, je peux vraiment dire que Dirk Cordeel a eu plus que sa part dans ce résultat", dit Robert de Mûelenaere.

Un homme déterminé

Dirk Cordeel a de la suite dans les idées. La croissance de la société familiale sous son leadership en est la preuve la plus parlante.

Il serait extrêmement proche de ses équipes. "Dans un groupe de cette taille, tout le monde l’appelle encore par son prénom, ce n’est plus si courant même chez nous dans la construction", témoigne Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Pas en pension

Fin 2014, il a reçu l’Award du "lifetime achievement" de la section régionale Anvers-Waasland du Voka pour avoir porté "le dynamisme économique de la région". "Je ne pars pas encore en pension", prévenait-il alors.

Prochain combat

Il partage un combat avec les syndicats pour diminuer encore le coût du travail dans la construction. Aujourd’hui, un travailleur étranger sur un chantier belge peut coûter environ 30% de moins, en toute légalité.

Même sa dernière acquisition prend sens à l’analyse. Imtech Belgique a de fortes connaissances techniques et constitue une proie de choix pour Cordeel. La boîte d’ingénierie est spécialisée dans les installations techniques, une compétence que le groupe n’avait pas encore en rayon. Une société avec laquelle Cordeel travaillait déjà sur plusieurs chantiers et que le groupe connaît donc bien.

"C’est quelqu’un qui sait ce qu’il veut et qui fonce pour y arriver. Il a du répondant et n’a pas sa langue dans sa poche", témoigne ainsi Marc Lefebvre, patron de la société wavrienne de construction Emile Janssens. "En dehors du travail, c’est quelqu’un de très jovial", ajoute-t-il. Même son de cloche chez Robert de Mûelenaere qui décrit un homme "qui a une vision extrêmement claire de ce qu’il veut et qui sait se faire comprendre avec un maximum d’efficacité en un minimum de temps".

Un pragmatisme et une détermination caractéristiques dans la construction. Deux qualités indispensables dans le secteur que Dirk Cordeel aurait donc développées à l’extrême.

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