Un entrepreneur se pose des questions sur la vente de VOO

Le 2 juillet 2019, AGEC, la société gérée par Christan Castronovo, a mis Nethys en demeure de ne pas céder VOO.

En conflit ouvert avec Nethys, contre qui il a porté plainte au pénal, l'entrepreneur Christian Castronovo se pose des questions sur les conditions de la vente de VOO à Providence. Au cœur de ses doutes: une lettre qu'il a reçue de Nethys en juillet 2019.

On l'a vu, l'opérateur de téléphonie Orange remet en cause la vente de VOO au fonds américain Providence. Depuis un certain temps, Christian Castronovo, un entrepreneur de la région de Villers-le-Bouillet, se pose des questions sur les conditions de cette vente datant du 22 mai 2019. 

4 à 6 millions
d'euros
Sur base d'un rapport du consultant BDO, Nethys a accusé AGEC, une société gérée par Christian Castronovo et ses frères, d'avoir surfacturé ses prestations entre 4 et 6 millions d'euros, ce que l'entrepreneur nie farouchement.

L'entrepreneur, qui gère la société d'entreprise publique AGEC avec ses frères, est en conflit ouvert avec Nethys depuis un certain temps. L'origine de la bagarre date de juillet 2018 lorsqu'une lettre anonyme est arrivée chez Nethys. La missive faisait état de prestations non exécutées dans le chef d'une société qui sera identifiée ultérieurement comme étant AGEC.

Pour mener son enquête, la direction de Nethys a demandé au consultant BDO de rédiger un rapport. La conclusion de ce rapport est sans appel pour AGEC: la société aurait surfacturé ses prestations entre 4 et 6 millions d'euros.

Plainte contre plainte

À la suite de ce rapport, Nethys a décidé, le 23 novembre 2018, de porter plainte contre AGEC du chef de corruption privée, abus de confiance, faux et usage de faux. Auditionnés par la police judiciaire au début du mois de février 2019, Christian Castronovo et ses frères ont ensuite été convoqués par le juge d'instruction Frédéric Frenay.

L'entrepreneur, qui nous a reçus dans ses bureaux, conteste avec la plus grande vigueur les faits qui lui sont reprochés. Il explique avoir pris le temps de démonter les 88 pièces du rapport BDO.

Du jour au lendemain, on a perdu 90% de notre travail. Et on a dû passer de 70 à 5 travailleurs.
Christian Castronovo
Entrepreneur

En cours de route, Nethys et Resa ont cessé leur collaboration avec AGEC, poussant quasiment l'entrepreneur à mettre la clé sous le paillasson. Ce dernier, qui s'estime dans son bon droit, a porté plainte contre Nethys au civil, postulant la condamnation de celle-ci au paiement d'une amende de 4,5 millions d'euros. Et, après avoir démonté les pièces du rapport BDO, l'entrepreneur a porté plainte au pénal contre Nethys, BDO et deux cadres de VOO des chefs de dénonciation calomnieuse, calomnie, diffamation, faux et usage de faux. 

Aujourd'hui, Christian Castronovo, qui cherche à sauver son entreprise, voudrait rencontrer la nouvelle direction de Nethys pour lui exliquer la situation. "Du jour au lendemain, on a perdu 90% de notre travail. Et on a dû passer de 70 à 5 travailleurs", se désole l'entrepreneur. 

La lettre qui dérange

Le 2 juillet 2019, craignant de ne jamais récupérer sa créance, AGEC met Nethys en demeure de ne pas céder VOO. Le 24 juillet, Pol Heyse et Pierre Meyers, au nom de Nethys, envoient une lettre à AGEC. Avec le recul, deux élément de cette missive interpellent l'entrepreneur. Les deux dirigeants, après avoir contesté la demande en dédommagement, précisent que "Nethys restera la seule actionnaire de la société bénéficiaire", avant d'ajouter que "le total des actifs de la SA Nethys ne sera aucunement affecté".

Pour l'entrepreneur, soit ces affirmations sont fausses, soit elles sont correctes. Et si tel devait être le cas, cela poserait question sur la date réelle de la signature de l'offre liante entre Nethys et Providence. Il a ajouté ce dernier élément à sa plainte pénale en se constituant partie civile le 17 janvier 2020. Mais les faits concernant la vente, le juge Frenay a préféré transmettre le dossier au parquet général. 

"Aucun mensonge"

Nous avons contacté Pol Heyse qui, d'entrée de jeu, précise qu'il n'y "a aucun mensonge dans cette lettre". Et ce dernier de préciser que, jusqu'à son départ, le 18 octobre 2019, Nethys était toujours propriétaire de Newco2 devenue VOO SA à 100%. Tout comme il ajoute que le contrat signé entre Nethys et Providence n'entraînait pas le transfert de la propriété des actions de Newco2. "C'est toujours vrai aujourd'hui, car la propriété des actions de VOO n'a pas encore été transférée", précise encore Pol Heyse. 

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