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Un marché de la brique qui se fissure. Dangereusement.

Cela fait belle lurette que disposer de son propre toit n'est plus un droit fondamental garanti dans les faits. Mais le fossé ne cesse de se creuser entre les exclus de l'accès à la propriété, dont le nombre augmente dangereusement, et les autres, souvent multipropriétaires.

Le dernier baromètre annuel des notaires qui chiffre la pression sur la brique belge vient de tomber. A première vue, il rassure. Le marché immobilier résidentiel a plutôt bien résisté aux secousses à répétition provoquées par la pandémie. Surtout - une fois n’est pas coutume - en Wallonie, où le décompte final du nombre de transactions est même supérieur à 2019. Les prix, eux aussi, ont gardé des couleurs partout en Belgique, parfois ravivées par endroit.

Une double bonne nouvelle pour les investisseurs, donc. Et pour toutes celles et ceux qui ont compris qu’envisager une retraite confortable en ne misant que sur leur pension et leurs économies liquides ne serait pas de tout repos.

S’ils sont propriétaires-vendeurs en Brabant wallon et toujours en bons termes avec leur banquier, ils ont même pu reporter leurs projets de mise en vente pour profiter pleinement, durant le confinement prolongé, de leur jardin sous un soleil printanier inégalé depuis 1833.

S’ils sont acquéreurs - et toujours dans les bonnes grâces des mêmes banquiers - ils ont pu acheter ce terrain ensoleillé à prix encore abordable en province de Luxembourg, où les prix se sont, à la grande surprise des vendeurs, emballés l’été dernier un peu partout.

Les exclus de l'accès à la propriété

Mais à y regarder de plus près, cette hausse à nouveau conjuguée de la demande soutenue et des prix à l’acquisition a de quoi préoccuper: la porte de l’accès à la propriété, malgré nos appels répétés, ne cesse de se rétrécir. Tant pour les primo-acquéreurs de moins de 30 ans que pour les plus âgés moins aisés. Ceux-là même qui ont le plus besoin de ne pas voir partir en fumée l’argent, chèrement compté, pour se loger décemment sans trop rogner sur l’essentiel.

À y regarder de plus près, cette hausse à nouveau conjuguée de la demande soutenue et des prix à l’acquisition a de quoi préoccuper.

De plus en plus d’investisseurs institutionnels l’ont d’ailleurs compris et misent sur un basculement du marché résidentiel vers la location à vie pour ces deux profils fragilisés. Comme pour d’autres marchés, le constat est tranchant: le fossé se creuse entre ceux qui ont franchi la porte étroite de la propriété et peuvent même récidiver et tous ceux, en nombre croissant, qui doivent définitivement tourner le dos au rêve d’habiter un jour sous leur propre toit.

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