Un nouveau quartier urbain va sortir de terre dans le Pentagone bruxellois

Deux tours toisant une vaste esplanade et quatre bâtiments denses forment le programme à l’enquête publique. ©Max Dudler, Jaspers-Eyers Architects et Archi 2000

La quatrième phase de réaménagement du domaine de l’ex-Cité administrative de l’État est à l’enquête publique. C’est un nouveau quartier urbain et une vaste esplanade reliant haut et bas de la ville qui s’y dessinent sur trois hectares.

C’est un chantier de taille qui est sur le point d’enfin voir le jour dans le périmètre constitué par l’ancienne Cité administrative de Bruxelles, entre colonne du Congrès et boulevard Pacheco. C’est aussi un jalon urbanistique urbain emblématique qui rétablira le lien historique gommé entre haut et bas de la capitale au milieu du siècle dernier.

Un premier projet sorti des cartons en 2010 déjà, alors porté par Breevast et Immobel, avait été corrigé à plusieurs reprises. La demande de permis finalement introduite en 2017 avait provoqué une levée de boucliers de plusieurs responsables publics régionaux et communaux. Jugé trop massif et architecturalement faible, il avait été mis sur la touche au terme de la Commission de concertation.

Les nouveaux maîtres d’ouvrage, Skyline Europe (familles Cavens et Paeleman) et Immobel, ont donc dû rapidement revoir leur copie. Ils sont alors quasi repartis d’une feuille blanche en la confiant à un nouvel architecte principal, le Suisse Max Dudler. Et ils sont restés en contact étroit, tout au long du processus de création, avec les services du Maître architecte régional et la Ville de Bruxelles, qui doit délivrer les permis (urbanisme et environnement).

"Je suis pour ma part très satisfait de l’évolution du projet."
Kristiaan Borret
Maître architecte bruxellois

L’enquête publique, ouverte hier mercredi, s’achève le 21 février prochain. Ensuite, avant l’obtention des permis espérée, il faudra encore passer par la case Commission de concertation le 5 mars. Mais la remise sur le métier semble avoir été pertinente, si l’on en croit le Maître architecte. "C’est urbanistiquement mieux équilibré, avec plusieurs points d’entrée, des circulations traversantes, notamment vers la Banque nationale en contrebas de la rue de Ligne. Les abords du boulevard Pacheco voisin sont bien valorisés. Il y a également la mise en valeur de cet escalier central monumental qui recrée la jonction traversante entre haut et bas de la ville, dans le respect de ce lieu public historique emblématique. L’architecture est plus noble, raffinée. On a éclaté les volumes bâtis et les fonctions, en faisant notamment de l’école un bâtiment autonome. Et tout ça, dans le respect du Plan particulier du sol (PPAS) existant. Je suis pour ma part très satisfait de l’évolution du projet", motive Kristiaan Borret, qui ne cache pas sa satisfaction.

Nouveau quartier jalon

Deux tours toisant une vaste esplanade et quatre bâtiments denses forment le programme à l’enquête publique. ©Max Dudler, Jaspers-Eyers Architects et Archi 2000

Le jeu en valait largement la chandelle. Vu la localisation et l’incidence unique du projet sur l’espace public, d’abord; mais aussi vu le volume du programme immobilier sur la table à dessin. Au menu détaillé de la demande de permis figurent en effet trois immeubles de logements (443 appartements), huit surfaces commerciales (3.600 m²), un immeuble comprenant une crèche (72 enfants) et une école maternelle et primaire (456 enfants) pour la partie hors-sol. Il faut encore ajouter à ce copieux programme mixte de quartier nouveau la rénovation, par Bas Smets, des espaces publics (3 ha), dont les jardins Pechère tristement oubliés, la construction d’un nouvel escalier à l’espagnole (ramblas) en remplacement du mur aveugle interminable existant et le réaménagement du socle et des parkings couverts existants (1.779 emplacements pour voitures et 1.305 pour vélos).

Enfin, le dernier volet de la demande fera grincer certaines dents car 397 arbres à haute tige devront être abattus et 377 replantés. Bob Ragoen, le responsable du projet chez Immobel, espère pouvoir débuter les travaux cette année.

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