Une organisation criminelle roumaine sévit dans la construction

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Perquisitions, arrestations, la justice belge enquête sur un dossier de dumping social organisé dans le secteur de la construction. Il implique des sociétés et des travailleurs roumains.

La justice belge enquête sur un dossier présumé de dumping social organisé dans le secteur de la construction et impliquant des travailleurs roumains. Le parquet fédéral a ainsi mené ce lundi 17 perquisitions en Flandre occidentale. Un chantier a également été contrôlé à Roulers alors que des lieux de séjour de travailleurs roumains ont été fouillés.

Deux personnes ont été arrêtées pour audition. Un juge décidera dans les prochaines heures de leur maintien ou non en détention. 

L'enquête a été ouverte début 2016. La police judiciaire coopère dans ce dossier avec l'Office national de sécurité sociale (ONSS) et Contrôle des lois sociales (CLS). "L’aboutissement de ce type de dossiers complexes n’est possible que grâce à une coopération très étroite avec les autorités judiciaires roumaines", lit-on dans un communiqué du parquet.

Mais de quoi s'agit-il?

→ L'enquête suspecte une forme de dumping social dans le secteur de la construction. Plusieurs sociétés "boîtes aux lettres" roumaines semblent avoir été créées à cet effet. Des dizaines de travailleurs de ces différentes entreprises auraient ainsi été détachés illégalement en Belgique pendant plusieurs années. Une construction complexe implique plusieurs personnes en Roumanie et en Belgique.

→ Les travailleurs seraient hébergés en Belgique par les suspects dans des immeubles à la qualité variable. Il semble également que tous ne percevaient pas un salaire auquel ils ont droit en vertu de la réglementation belge. Certains travailleurs ont expliqué n'avoir aucune activité en Roumanie. Ils ont été recrutés uniquement pour travailler en Belgique.

→ L'enquête porte donc sur des questions d’infractions de droit social, dont l’escroquerie en droit pénal social ainsi que l’organisation criminelle, le blanchiment d’argent et la traite des êtres humains ou encore l’exploitation économique. Le blanchiment s'effectuait via des entreprises de "gestion" basées en Roumanie.

→L’avantage patrimonial des cotisations ONSS éludées a été provisoirement calculé à au moins 2.800.000 euros, un montant qui pourrait encore gonfler. Une dette de 900.000 euros en cotisations ONSS impayées a également été comptabilisée en Roumanie, ainsi que plusieurs dettes fiscales moins élevées.

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