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En panne, le Belgica n'assure plus de missions en mer depuis un an

©Belga

Le navire océanographique est à quai depuis près d’un an. Résultat: des missions suspendues et du personnel inquiet.

Le Belgica est en fin de vie. Le navire océanographique, géré par l’Institut royal belge des sciences naturelles pour tous les scientifiques belges, a 33 ans. Mais il ne pourra malheureusement pas être ressuscité. Sur décision du conseil des ministres prise en octobre dernier, il sera remplacé par un nouveau navire. Un budget de 54,5 millions d’euros a été prévu à cet effet. Mais le nouveau bateau n’entrera pas en fonction avant 2020. D’ici-là, l’ancien Belgica devra poursuivre tant bien que mal les missions qui lui sont confiées. Ce qui est loin d’être acquis. Car ces dernières années, le bateau était souvent à quai. En cause, une cascade d’avaries techniques.

Aujourd’hui, le navire n’est pas en état de marche. Il est immobilisé à Zeebruges et ce, depuis presqu’un an déjà. En avril 2016, il avait été mis en cale sèche à Dunkerque pour un grand entretien. Coût: 1 million d’euros, à comptabiliser au-dessus du budget d’entretien ordinaire. À la mi-juillet, lorsque l’entretien était terminé, il s’est avéré que l’axe de transmission n’avait pas été remonté correctement. Pas moyen dès lors de reprendre la mer.

Les missions du Belgica sont une source de financement pour l’Institut des sciences naturelles.

La société Damen Shiprepair Dunkerque, chargée par le ministère de la Défense de réaliser l’entretien en cale sèche, a promis de remédier au problème. À ce jour, aucune solution n’a été trouvée et toutes les missions prévues pour 2017 ont été provisoirement suspendues.

Du côté du ministère de la Défense, qui gère le navire pour le compte de la Politique scientifique fédérale dont dépend l’Institut des sciences naturelles, il n’est pas question de payer. "La Défense n’a d’ailleurs plus rien payé pour l’entretien de l’axe de transmission après le 14 juillet 2016", note Lieven Naudts, conseiller au département des Sciences naturelles et coordinateur du Belgica.

Contrats en rade

Ce blocage est fâcheux pour au moins deux raisons. D’une part, la Belgique a des obligations de monitoring en matière météorologique vis-à-vis de certaines organisations internationales. D’autre part, l’Institut royal des sciences naturelles a des contrats en cours avec certains commanditaires, comme des universités ou des centres de recherche. Ainsi par exemple, des étudiants de l’université de Gand attendent depuis des mois pour embarquer à bord du Belgica dans le cadre de leur formation.

Pour l’Institut, qui dépend pour deux tiers de ces financements externes, c’est aussi un manque à gagner. Sachant que deux tiers des membres du personnel sont des contractuels, on imagine un certain stress… Ceux-ci se sont dès lors mobilisés en faisant circuler une pétition demandant la remise en état du navire dans les plus brefs délais. Une opération qui devrait prendre deux à trois semaines tout au plus.

La pétition a été signée par une vingtaine d’organismes et institutions engagées contractuellement dans le cadre de missions planifiées en 2017. Le texte a été envoyé aux deux secrétaires d’État en charge du dossier, Zuhal Demir (N-VA) pour la Politique scientifique et Philippe De Backer (Open Vld) pour la Mer du Nord. Objectif: demander au pouvoir politique de faire pression sur le chantier naval Damen. D’après les dernières informations, les deux secrétaires d’État préparent en ce moment leur réponse.

Le compteur tourne

En attendant, le compteur budgétaire tourne. Car un bateau, même immobilisé au bord d’un quai, coûte de l’argent. "Plus de 80% du budget de fonctionnement d’un navire sont des frais fixes", précise Lieven Naudts. Ces frais comprennent essentiellement l’équipage, l’entretien et les assurances. Pour le Belgica, le budget de fonctionnement dépasse les 2,8 millions d’euros par an.

Sachant que le Belgica n’a plus navigué depuis avril 2016 et qu’il avait déjà connu plusieurs mois d’inactivité forcée en 2015 suite à une fuite d’eau dans la salle des machines, la facture commence à devenir salée. Or les coques de navires n’apprécient que modérément le sel.

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