Bataille de milliardaires pour revenir sur la Lune

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Blue Origin, la société de Jeff Bezos, conteste le contrat accordé par la Nasa à SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk, pour construire l'engin qui déposera les prochains astronautes sur la Lune.

Dans un coin, SpaceX, la société mise sur pied par le milliardaire Elon Musk, fondateur également du groupe automobile Tesla. De l'autre côté du ring, Blue Origin, l'entreprise spatiale lancée par un autre patron très fortuné, Jeff Bezos, par ailleurs créateur du géant de la vente en ligne Amazon.

Les deux sociétés emblématiques du new space américain sont désormais à couteaux tirés. En cause? La décision de la Nasa, la semaine passée, de choisir SpaceX pour construire l'engin qui déposera les prochains astronautes américains sur la Lune. Blue Origin a déposé lundi une plainte pour contester ce verdict.

Un contrat à 2,9 milliards de dollars

L'Agence spatiale américaine a annoncé qu'elle avait retenu pour retourner sur la Lune la société d'Elon Musk, et sa fusée Starship encore en cours de développement. Un contrat à 2,9 milliards de dollars perçu comme une victoire majeure pour SpaceX, qui vient par ailleurs de redonner à la Nasa un accès habité à l'espace avec sa capsule Crew Dragon.

Le vaisseau spatial réutilisable Starship est actuellement testé au Texas. Mais les quatre tentatives de vols se sont toutes conclues par des explosions.

Le vaisseau spatial réutilisable Starship est actuellement testé au Texas. Mais les quatre tentatives de vols se sont toutes conclues par des explosions. L'engin, qui ressemble aux fusées des vieux comics américains de science-fiction, est conçu pour transporter des cargaisons importantes et davantage d'astronautes que les véhicules actuels. À l'instar des étages récupérables de la fusée Falcon 9 de SpaceX, il peut atterrir debout.

Dans le cadre du programme Artemis, qui vise à renvoyer des hommes sur la Lune, la Nasa veut utiliser la fusée lourde SLS (Space Launch System) pour lancer quatre astronautes à bord d'une capsule Orion, qui s'amarrera ensuite à une station orbitale lunaire appelée Gateway. La fusée Starship attendrait, prête à recevoir deux membres de l'équipage pour la dernière étape du voyage vers la surface de la Lune.

Une station en orbite

L'idée est que la station Gateway serve d'intermédiaire, mais pour la mission initiale, Orion pourrait s'amarrer directement à Starship. Les astronautes passeraient ensuite une semaine sur la Lune, avant d'embarquer sur la fusée Starship pour retourner en orbite lunaire, et revenir sur Terre à bord d'Orion, dont une partie est construite par les Européens.

La décision de ne retenir qu'un seul vainqueur est à "haut risque", car elle prive la Nasa d'un plan de secours.
Blue Origin

Les Américains ont posé le pied sur la Lune pour la dernière fois en 1972, avec le programme Apollo. L'atterrisseur à l'époque était un petit module appelé LEM,  qui partait du véhicule de commande et de service, resté en orbite lunaire et chargé de ramener l'équipage sur Terre. Le calendrier établi par l'administration Trump prévoyait d'envoyer un équipage sur la Lune d'ici 2024, mais il ne sera certainement pas tenu.

Un véhicule entièrement nouveau

Blue Origin conteste le choix de la Nasa car elle estime que cette dernière a mal jugé les risques induits par le choix de la solution SpaceX, avec un véhicule entièrement nouveau dont "le développement est notoirement difficile". De plus, la décision de ne retenir qu'un seul vainqueur est à "haut risque", car elle prive la Nasa d'un plan de secours. Elle crée également un monopole potentiel pour toutes les futures missions d'exploration. La Nasa veut en effet retourner sur la Lune et établir une présence durable avec une station spatiale lunaire, en vue de préparer une mission vers Mars.

Blue Origin s'était associée à trois grands noms de l'aérospatial (Lockheed Martin, Northrop Grumman et Draper) pour répondre à l'appel d'offres de la Nasa. Leur projet, moins avancé que celui de SpaceX et basé sur une philosophie analogue aux véhicules des missions Apollo, comprend un module de transfert, un atterrisseur lunaire et un engin de remontée.

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