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Benoit Deper, CEO d'Aerospacelab: "On se retrouve avec le meilleur des deux mondes"

Créée en 2018 par l'entrepreneur Benoit Deper, qui en est le CEO, Aerospacelab s'inscrit résolument dans la ligne du modèle "new space", cette révolution qui a permis de fournir un accès à bas prix à l'espace. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

La jeune pousse wallonne Aerospacelab a créé la surprise en reprenant Amos, le spécialiste des télescopes et optiques spatiales. Selon le CEO Benoit Deper, les deux sociétés sont complémentaires.

Petite recomposition dans le secteur spatial belge: la jeune pousse wallonne Aerospacelab, qui développe et commercialise des petits satellites à prix concurrentiels, a annoncé lundi l'acquisition de la firme liégeoise Amos, spécialisée dans la conception de systèmes opto-mécaniques utilisés dans l'astronomie, l'espace et d'autres industries.

15
millions d'euros
Amos réalise une quinzaine de millions de chiffre d'affaires.
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Le montant de la transaction n'a pas été divulgué. L'annonce a un peu surpris le Landerneau industriel et technologique wallon, car Amos a déjà une longue et belle histoire derrière elle. Localisée au cœur du Science Park du Sart-Tilman, la société a été créée en 1983 sur la base de l’expertise mécanique des Ateliers de la Meuse et du savoir-faire optique de l’Institut d’astrophysique de l’ULiège. Elle est devenue un grand nom des systèmes optiques terrestres ou spatiaux de grande précision. Son actionnariat était resté public (Région wallonne et Noshaq). L'entreprise, qui réalise une quinzaine de millions de chiffre d'affaires et emploie une centaine de personnes, compte à son actif des participations aux plus grands projets spatiaux et a par ailleurs des références pour plusieurs télescopes dans le monde, dont l'Extremely large telescope (ELT), un modèle géant construit par l'ESO (European southern Observatory) au Chili.

De son côté, Aerospacelab s'inscrit résolument dans la ligne du modèle "new space", cette révolution qui a permis de fournir un accès à bas prix à l'espace, notamment grâce à des start-ups devenues aujourd'hui des acteurs reconnus. Créée en 2018 par l'entrepreneur Benoit Deper, qui en est le CEO, la scale-up ambitionne d'apporter une réponse européenne à la hausse attendue de la demande mondiale de petits satellites en orbite basse. 

"Nous amenons les économies de coûts avec notre façon de faire sur la partie qui peut être standardisée. Amos apporte la haute couture".

Benoit Deper
CEO et fondateur d'Aerospacelab

Installée pour l'instant à Mont-Saint-Guibert, Aerospacelab, qui compte également Wallonie Entreprendre et Noshaq parmi ses actionnaires, a lancé la construction, à Charleroi, de sa "mega-factory" de satellites, présentée comme la future plus grande usine de fabrication d'Europe avec une capacité de production annuelle s’élevant à 500 satellites. La pépite spatiale compte aujourd'hui 230 employés et a déjà déployé huit satellites en orbite. Le chiffre d'affaires 2023 était un peu en-dessous de 10 millions, mais va doubler cette année et devrait encore être multiplié par deux en 2025.

"Charleroi est toujours dans les starting blocks. Elle sera la seule usine disponible en Europe".

Benoit Deper.

Deux profils extrêmement différents donc. Mais sont-elles pour autant complémentaires? "Nous sommes assez forts dans l'intégration verticale", répond Benoit Deper. "Nous avons commencé avec la plateforme satellite. On peut la comparer, dans un semi-remorque, au camion tracteur, qui est plus ou moins standardisé et sur lequel on vient attacher une remorque spécifique pour chaque mission. Amos, c'est un peu l'inverse. Ils font des instruments sur mesure. L'attelage est donc assez complémentaire: nous amenons les économies de coûts avec notre façon de faire – intégration verticale, standardisation – sur la partie qui peut être standardisée. Amos apporte la haute couture, avec l'instrument qui peut être personnalisé. Cela nous permet de faire une offre avec un prix qui est acceptable pour le client parce que finalement, on se retrouve avec le meilleur des deux mondes", avance le CEO.

Des back-ups pour les câbles sous-marins

Selon Benoit Deper, chaque société gardera son business historique, ses projets et ses clients. Mais Aerospacelab construira également un troisième portefeuille. L'entreprise a débuté avec l'observation de la terre, mais est en train d'investir de plus en plus dans les télécommunications. "L'industrie spatiale devient en effet de plus en plus compétitive par rapport à l'infrastructure terrestre. Les opérateurs de satellites télécoms nous demandent de faire des satellites qui sont en gros des stations 5G et 6G volantes et compatibles avec des GSM normaux. Et avec la géopolitique qui se tend, on nous demande aussi de faire des back-ups pour les câbles sous-marins" complète le jeune patron.

Reste une question: ne surestime-t-on pas le potentiel des constellations de satellites et ne faut-il pas redouter une saturation du nouveau marché? "Il y a effectivement de gros changements et de gros remaniements en perspective", admet Benoit Deper. "Sur l'orbite géostationnaire, la demande est passée de 20 à dix satellites par an. Sur l'orbite basse, entre les scénarios optimistes et pessimistes, il n'y a que quelques entreprises pour produire. Charleroi est toujours dans les starting-blocks. Elle sera la seule usine disponible en Europe. Nous ne sommes plus une deeptech qui brûle des dizaines de millions par an, sans aucun revenu", conclut-il.

Le résumé
  • La scale-up wallonne Aerospacelab a repris la firme liégeoise Amos, spécialisée dans la conception de systèmes opto-mécaniques utilisés dans l'astronomie et l'espace.
  • Le montant de la transaction n'a pas été divulgué.
  • Aerospacelab a débuté avec l'observation de la terre, mais est en train d'investir de plus en plus dans les télécommunications.
  • Le CEO d'Aerospacelab Benoit Deper juge l'activité des deux entreprises complémentaire.
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